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Agriculture et Alimentation

Terre de pêche, les produits de la mer livrés chez vous- 4 minutes de lecture

Installée dans le finistère, près de Concarneau, Terre de pêche livre des produits de la mer en circuit-court. Une autre manière de faciliter le “bien manger” tout en soutenant une filière qui traverse des remous.


La vente en ligne et en circuit-court de paniers de fruits et légumes fait des émules. Alors que les premiers à se lancer dans ce business, à l’image de Potager City, vont fêter leur douze ans, l’idée s’exporte désormais à d’autres créneaux. Et parfois même des créneaux dans le non-alimentaire. Ainsi, Fleurs d’ici propose des fleurs locales, de saison et en circuit-court. De la même manière qu’Ilek, un fournisseur d’énergie renouvelable, propose à ses clients de l’électricité “verte” issue de producteurs locaux.

Mais dans le secteur des produits alimentaires, Terre de pêche se démarque en proposant des paniers de poissons et fruits de mer livrés en point relais. L’entreprise s’approprie ainsi la fameuse formule “du champ à l’assiette” pour la transformer. Car les bons produits “de la mer à l’assiette”, c’est aussi possible. Et tant mieux, car au même titre que l’agriculture, la pêche est une filière qui a besoin d’être mieux valorisée et davantage soutenue.

pêche cotiere concarneau


Un ancrage local dans le Finistère

Terre de pêche n’est pas une petite start up fraîchement sortie de l’eau. Cela fait dix ans qu’Emmanuel Garrec a imaginé le concept. Ce fils de marin pêcheur connaît bien les problématiques du secteur. Il voit aussi que l’idée des paniers de légumes livrés aux consommateurs se développe. Il tente alors l’aventure avec les produits de la mer.

Installé près de Concarneau, à Loctudy, depuis 2012, il développe méthodiquement son activité. L’entreprise de mareyage livre des grandes surfaces et des grossistes. Ce qui lui permet d’assurer la viabilité de l’entreprise. En parallèle, Emmanuel Garrec et son équipe développent la vente à domicile, en point relais ou sur lieu de travail de leurs paniers de fruits de mer et de poissons frais. Il s’en écoule aujourd’hui entre 400 et 500 par semaine sur un périmètre qui va de Douarnenez à Concarneau, en passant par Quimper.

Pour les clients, il y a une garantie de recevoir des produits frais issus de la pêche côtière : crustacés, coquillages et poissons en provenance directe de la criée. Ils sont livrés dans des caissons isothermes qui garantissent la fraîcheur lors de la livraison. Et les “paniers” sont assortis de recettes qui donnent des idées supplémentaires pour (ré)apprendre à aimer les produits de la mer. Le tout sans abonnement et sans engagement. Le concept de Terre de pêche fonctionne grâce à une newsletter.


Une initiative pour soutenir la pêche locale

L’une des forces de Terre de Pêche, c’est un ancrage dans une zone qui compte de nombreux ports de pêche, à l’image de Concarneau – évidemment – mais aussi des ports de Loctudy, du Guilvinec ou encore de Saint-Guénolé. Cependant, ces quatre zones de pêche ne garantissent pas toujours les volumes nécessaires.

C’est que la pêche côtière est une activité qui souffre. D’un côté, elle souffre d’une concurrence entre pays européens sur les zones de pêche. L’année dernière, nous avons d’ailleurs assisté à des scènes d’affrontements en baie du Mont Saint-Michel entre pêcheurs français et anglais. Et la possibilité d’un Brexit dur entrainerait encore davantage de turbulences à ce sujet. D’un autre côté, il y a la surexploitation de certains stocks de poissons, les migrations de certaines espèces en raison du réchauffement climatique ou encore la concurrence avec les phoques qui viennent s’alimenter directement dans les filets (la faute, là-aussi peut-être, à la surexploitation des stocks de poissons).

Et puis enfin, il y a aussi un manque de vocation pour la pêche qui se fait sentir. “C’est la ressource en marins qui fait aujourd’hui défaut” précise le fondateur de Terre de pêche à nos confrère du Télégramme. La faute aussi à un métier difficile et dangereux qui mérite sans doute davantage de reconnaissance de la part des distributeurs et des consommateurs. C’est pour ça aussi que les circuits-courts ont le vent en poupe.

Et l’on espère, comme le fait Terre de pêche, que ce type d’initiative va continuer de se développer et d’entraîner avec lui une spirale positive pour la pêche française.


Lire aussi : Poiscaille livre des poissons et fruits de mer en circuits-courts


Guillaume Joly. @guitjoly

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