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Clothparency, la transparence pour une mode durable- 4 minutes de lecture

Clothparency est une start-up qui vous permet de scanner les vêtements que vous achetez afin de savoir s’ils sont conformes à vos attentes en matière d’environnement, de condition animale ou encore de santé. Lancée en version bêta l’année dernière, l’application mobile qui rappelle le phénomène Yuka sortira officiellement à la rentrée.


Clothparency est une jeune entreprise française qui souhaite éclairer et guider les consommateurs sur leurs achats de vêtements. Au même titre que ce qui se fait dans l’alimentaire via différentes applications et bases de données (à l’instar d’OpenFoodFacts), Clothparency vous permet d’obtenir des infos sur la composition et la production de vos futurs habits. Une étape qui fait suite à une préoccupation grandissante des consommateurs vis à vis de l’industrie textile.

En effet, la mode serait la seconde industrie la plus polluante aujourd’hui. Et pour les consommateurs, il est très difficile d’obtenir des informations sur la composition où les conditions de fabrication des vêtements qui se trouvent en magasin. La jeune entreprise créee par 2 ingénieures, Marguerite Dorangeon et Rym Trabelsi vise à apporter davantage de transparence sur ces sujets afin d’encourager les marques à adopter des pratiques responsables.

Marguerite Dorangeon, Rym Trabelsi, Clotheparency
Marguerite Dorangeon et Rym Trabelsi, les fondatrices de Clothparency


2 700 litres d’eau pour un t-shirt dont la durée de vie est de quelques semaines

La culture du coton est la destinataire, à elle seule, de 25 % des insecticides et de 10 % des herbicides sur le marché. pas étonnant qu’on retrouve des traces de glyphosate dans des vêtements et jusque dans les protections hygiéniques. Il faut 2 700 litres d’eau pour fabriquer un tee-shirt dont la durée de vie, à l’échelle mondiale, est estimée à 35 jours. Et puisqu’on parle d’eau, saviez-vous que 70% de la pollution des eaux en Chine est liée à l’industrie du textile ?

Ces chiffres sont marquants et ne prennent pas en compte un grand nombre de problèmes liés à la mode comme les conditions de travail dans les usines ou encore la triste condition des animaux reconvertis en cuir et fourrure. D’autant que la mondialisation rend les chaines de production difficile à remonter ; et beaucoup de marques ont du mal à réellement savoir ce qui se passe dans leurs différentes usines ou chez leurs fournisseurs. Reste que la mode est aujourd’hui responsable de 10% de l’empreinte carbone mondiale et qu’il est urgent de créer un sursaut à ce sujet. Alors qu’il est possible, dans le monde de l’alimentation ou des cosmétiques, de s’appuyer sur des référentiels pour acheter des produits qui nous correspondent, il n’existe rien de tel dans l’industrie textile. Enfin, jusqu’à récemment.

D’abord, il faut noter que beaucoup de marques cherchent à s’investir dans des pratiques durables. Cependant le discours d’une marque n’est jamais suffisant si elle n’en fournit pas la preuve. Et la course au greenwashing est forte ces derniers temps. Ainsi, il est difficile pour les consommateurs d’obtenir des informations qualifiées sur les produits qui se trouvent en rayon. Il y a une solution pour cela, c’est d’apporter de la transparence. Un paradigme déjà porté par exemple par la marque Joone, première marque au monde à avoir publié les analyses toxicologiques de ses produits d’hygiène et textile pour enfants. C’est également dans ce but qu’est née l’année dernière le projet Clothparency.

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Clothparency apporte de la transparence pour faire bouger les marques

Clothparency est un projet lancé en version bêta à l’été 2018 via une web app qui compte désormais plus de 10 000 inscrits. Elle vise à éclairer les consommateurs en fonction de leurs attentes mais aussi à créer un référentiel de données concernant les produits textiles.

Sur le même principe que Yuka, l’application permet de scanner des vêtements et d’obtenir un certain nombre d’informations liés à l’environnement, la santé (présence de perturbateurs endocriniens ou non) où encore la condition animale. Clothparency n’est pas là pour se positionner comme une autorité d’évaluation mais plutôt comme un agrégateur afin d’aider les consommateurs à faire des achats conformes à leurs attentes. Elle vise aussi à guider les marques vers de meilleurs pratiques. Pour cela, l’entreprise travaille notamment avec des experts et des ONG afin d’assurer la véracité et la conformité des infos qu’elle affiche. Les consommateurs et les marques interviennent également dans ce process pour compléter le référentiel.

Les deux fondatrices vont lancer officiellement leur application mobile à la rentrée. Elles travaillent également sur le développement d’une fonctionnalité de recommandation de produit qui verra le jour courant 2020. Une nouvelle manière de faciliter la transition écologique de l’industrie textile et d’inciter les marques et le grand public à s’orienter vers de nouvelles pratiques.


Guillaume Joly. @guitjoly

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