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L’hyperloop peut-il remplacer l’avion ?- 5 minutes de lecture

L’Hyperloop pourrait être intéressant pour remplacer les courts trajets en avion, voire pour apporter un complément au transport de marchandise. S’il fonctionne, il deviendrait ainsi pertinent sans pour autant remplacer le train.


La vitesse d’un avion à la fréquence d’un métro. voilà la promesse de l’entreprise canadienne Transpod, l’un des principaux constructeurs d’Hyperloop actuellement en activité et qui s’est installé récemment en France dans le Limousin. Si Transpod ne prévoit la commercialisation de son Hyperloop qu’à l’horizon 2030, les premières versions commerciales sont annoncées rapidement. Hyperloop One, société américaine veut, elle, inaugurer sa première ligne pour l’exposition universelle de Dubaï de 2020 par exemple.

La promesse initiale de l’Hyperloop, ce sont des trajets à la vitesse du son (1 200 km/h) permettant de relier des villes, voire des pays entre eux. Sur le papier, c’est excitant. Dans la réalité, de nombreux freins au développement de ce projet émergent. Ils sont surtout technologiques et pourraient être levés dans les prochaines années. Ainsi, à l’heure où les transports se réinventent, une question se pose : s’il fonctionne, l’Hyperloop pourrait-il devenir une alternative durable au transport aérien ?

projet hyperloop


Quelles alternatives au transport aérien aujourd’hui ?

Le transport aérien, c’est pas bien. Cela fait plusieurs années que l’empreinte carbone de l’aviation est pointée du doigt et alors que la lutte pour maintenir le réchauffement de la planète en-dessous des 1,5°C commence à s’inscrire dans les mentalités, l’avion pourrait en être une victime collatérale. Pas de quoi faire paniquer les professionnels du secteur ceci étant car, si de plus en plus de personnes refusent de se déplacer en avion, la honte de l’avion reste pour le moment minoritaire. Ainsi, le nombre total de passagers aérien devrait doubler d’ici 2036 pour atteindre 7,8 milliards par an.

Cependant, 40 % des émissions du transport aérien émanent des vols intérieurs. La solution pour réduire l’empreinte carbone de l’aviation serait donc de s’attaquer à ce sujet. Pour cela, il y a le train. Le train est meilleur pour l’environnement que la voiture. Et les infrastructures ont l’avantage d’être déjà crées, au moins dans les pays développés, c’est à dire là où la tendance à prendre l’avion est plus développée également. Cependant à une époque où tout doit être disponible le plus rapidement possible, le train est parfois trop long. Quant aux autres alternatives (développer des avions électriques, modifier le mode de propulsion, etc.), elles ne sont pas encore convaincantes.

C’est à ce titre que la promesse de l’Hyperloop est intéressante car elle offre une alternative au train qui permet de voyager aussi vite qu’un avion. D’autant que les infrastructures nécessaires pour supporter l’Hyperloop peuvent avoir différents intérêts. On peut par exemple les recouvrir de panneaux solaires. Dans l’absolu, ils pourraient aussi servir à transporter la fibre optique dans certaines zones rurales. Cette multiplicité des usages assorti d’un moyen de transport propre et hyper rapide à tout pour séduire.

projet de ligne hyperloop


L’Hyperloop pourrait remplacer les court-courriers

Si l’avion est, et sera probablement toujours le meilleur moyen de couvrir rapidement de très grandes distances ainsi que les trajets intercontinentaux, ça n’est pas le cas pour les vols intérieurs. Comme nous l’avons vu, ils sont responsable de 40% des émissions de CO2 du secteur. Et surtout, ils sont souvent moins rentables que les vols long-courriers, notamment lorsqu’il s’agit des premières ou dernières étapes d’un trajet avec correspondances.

Ainsi, en se déplaçant au sol à la même vitesse qu’un avion et réduisant l’impact environnemental, une ligne Hyperloop peut assurer le service des vols réguliers court-courriers et laisser les aéroports couvrir les grandes distances. Reste que les capacités des navettes Hyperloop sont assez réduite. Environ 50 personnes pour celle de la société Transpod. Cette capacité réduite pourrait-elle suffire à remplacer les nombreux vols intérieurs ? Il y a là encore une inconnue concernant la démocratisation de l’Hyperloop.

Cependant, cette solution pourrait aussi améliorer l’impact environnemental du secteur de la livraison. En effet, des sociétés comme UPS et DHL pourraient réduire le nombre de vols en transférant leurs marchandises au sol, via un transport électrique propre et aussi rapide que l’avion. Et c’est d’ailleurs dans cette approche logistique que l’Hyperloop pourrait être le plus efficace.

vue Hyperloop voitures


L’Hyperloop, une super solution pour le transport de marchandise ?

L’idée derrière l’Hyperloop, c’est de raccourcir les distances. En ce qui concerne le transport aérien, il y a aussi l’idée de tirer profit de ce qui est existant, c’est à dire de relier des aéroports entre eux afin d’en faire des terminaux connectés. Se déplacer d’un terminal à l’autre peut prendre de trente à quarante minutes dans les grands aéroports. En théorie, l’Hyperloop peut relier trois aéroports régionaux distants de 200 kilomètres en moins de trente minutes. En optimisant la répartition des destinations afin d’éviter des doublons, trois aéroports connectés peuvent engendrer une réduction du nombre de petits porteurs pour se concentrer sur les appareils plus gros et plus efficaces. 

Ils encaissent la hausse du trafic de passagers, via un temps de correspondance pour les usagers qui est similaire à celui déjà expérimenté dans les grands aéroports. Et cela réduit la pollution puisque moins de vols court-courriers sont programmés. Et c’est là, peut-être, la réelle vocation de ce nouveau moyen de transport dont on peut douter qu’il finisse par réellement voir le jour (mais vivement 2020 !). Car aujourd’hui, les promesses de l’Hyperloop sont loin d’être tenues, notamment en ce qui concerne la vitesse, qui ne va pas au-dessus de celle d’un TGV. Mais si c’était le cas, ces trains futuristes détrôneraient-ils le train ? A priori non.

La manière dont l’Hyperloop se développe ressemble davantage à un complément qu’à une nouvelle solution. Un complément de transport qui pourrait être utilisé pour le fret par exemple (transporter des colis Amazon d’un entrepôt situé en zone rurale jusqu’à une ville et le tout en quelques minutes). Pourquoi ne pas imaginer une liaison Hyperloop entre les différents MIN afin d’assurer un transport rapide et sécurisé des produits frais comme le poisson ?

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Guillaume Joly. @guitjoly

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