vue aérienne de nimègue
Smart City

Nimègue, exemple de ville verte et résiliante face au défi climatique

Élue capitale verte de l’Europe en 2018, Nimègue est un bel exemple de ville ayant réussi le pari de la transition écologique. La plus vieille ville des Pays-Bas s’est notamment appuyée sur un dialogue fort avec ses citoyens et entreprises pour faire bouger les choses en matière de gestion de la mobilité, d’économie circulaire et de gestion de l’eau. Retour sur cet exemple européen de Smart City.


Quelles villes en France et en Europe sont des exemples réussis de Smart City ? Après Copenhague, Oslo et Pontevedra, nous nous sommes penchés cette fois-ci sur la ville de Nimègue, aux Pays-Bas. Considérée comme la plus vieille ville de Hollande, Nimègue a été élue capitale verte de l’Europe en 2018. Depuis plusieurs années, la municipalité y met en place des actions concrètes et réussies pour réduire la pollution et améliorer le cadre de vie des habitants.

“Nous travaillons dur depuis longtemps pour que la municipalité de Nimègue soit plus durable. Notre objectif est de rendre la ville climatiquement neutre d’ici 2045” résume Hubert Bruls, maire de Nimègue depuis 2012. C’est notamment grâce à sa gestion des mobilités douces, sa gestion de l’eau et ses initiatives en matière d’économie circulaire que cette ville de 176 000 habitants se distingue.

centre-ville de nimègue


Développer massivement la pratique du vélo

La pratique du vélo est une spécialité en Europe du Nord et notamment aux Pays-Bas. Nimègue ne fait pas exception à cette règle. Elle a d’ailleurs été élue ville néerlandaise du cyclisme en 2016 par l’Union néerlandaise des cyclistes. Une distinction obtenue grâce à la mise en place progressive de 60 kilomètres « d’autoroutes cyclables ». Elles permettent à plus de 65 % des personnes qui se rendent au centre-ville de le faire à vélo.

Ainsi, 27 % des trajets de moins de 7,5 kilomètres sont réalisés grâce ce mode de déplacement. Et pour faciliter l’intermodaité, la municipalité a mis en place un impressionnant bâtiment appelé “transferium”. Situé à côté de la gare, il s’agit d’un parking intérieur capable d’accueillir gratuitement 4 000 vélos. C’est aussi le point de départ de cette autoroute à vélo.

Cette décision s’est notamment opérée grâce à une contribution active des cyclistes de la ville. C’est aussi cette mobilisation des citoyens qui a permis à Nimègue d’obtenir le titre de capitale verte de l’Europe. «Pendant la finale, les habitants de Nimègue ont participé à un grand rallye vert face aux autres villes lauréates, en se déplaçant de manière durable à vélo, en courant ou en nageant. Cet événement a fait forte impression», explique M. Bruls

autoroute à vélo à Nimègue
À l’instar de Copenhague, Nimègue possède également une large “autoroute à vélo” pour faciliter les déplacements de ses habitants.


La Smart City passe par un dialogue avec les habitants

Mettre les habitants au coeur du projet et collaborer avec toutes les parties prenantes : entreprises, monde académique, institutions, c’est aussi la clé d’une transition écologique réussie pour les villes. C’est en tout cas ce que retient le maire de Nimègue. «Nous investissons, souvent en collaboration avec d’autres pouvoirs publics, dans des initiatives telles que les autoroutes cyclables, les réseaux thermiques régionaux, les parcs ou la gestion de l’eau. Nous avons également appris que l’implication des citoyens, des organisations sociales, des entrepreneurs et des instituts de recherche était absolument indispensable pour mettre en œuvre le changement avec succès», ajoute-t-il.

Outre le développement du vélo, la mairie travaille à faire rentrer les concepts de l’économie circulaire dans les moeurs des habitants. Ainsi, des mesures de sensibilisation du public ont été mises en place concernant différents flux de déchets. Le tout grâce à une campagne baptisée «Regarde! Des déchets = Des matières premières» et réalisée chaque année.

En 2013, cette campagne se concentrait par exemple sur les déchets organiques. Elle a permis de montrer que, sous leur forme brute, ces matériaux constituaient la base du compost et du biogaz. Les citoyens ont pu découvrir les processus de transformation des déchets en compost et en biogaz en visitant l’usine locale d’incinération et de fermentation. Ils ont ainsi pu repartir avec du compost gratuit. Une opération pédagogique intéressante.

le canal de nimègue
La rivière Waal à droite, le second canal creusé pour limiter les inondations à gauche. Au centre, une nouvelle île pour les habitants de Nimègue.


Ne pas lutter contre l’eau, mais travailler avec

Autre sujet sur lequel la ville de Nimègue se distingue, c’est sa manière de s’adapter aux conséquences du réchauffement climatique. En l’occurence, les Pays-Bas sont confrontés depuis toujours à la problématique de l’eau. Comment permettre l’étalement urbain quand 25% de la surface du pays est située sous le niveau de la mer et confronté en permanence aux inondations ? Nimègue ne fait pas exception à cette problématique. La ville qui borde la rivière Waal est sujette à la montée des eaux. Pour palier à ce problème, la municipalité a lancé un vaste programme baptisé “Room for the river Waal” en 2011.

Achevé en 2016, ce projet portait sur le dragage d’un canal secondaire supplémentaire derrière une digue existante. Il a ainsi permis d’assurer une meilleure protection contre les inondations tout en créant des opportunités de nouveaux développements résidentiels via la mise en place d’un parc fluvial doté d’une île. Une solution difficile à mettre en place car il a fallu détruire certaines habitations et reloger les familles expropriées. Mais le pari est réussi et permet à la ville de s’offrir une nouvelle vitrine tout en étant plus résiliante face au dérèglement du climat.  

“Vous ne pouvez pas construire des digues de plus en plus haut indéfiniment, alors nous avons décidé de créer un canal supplémentaire, pour que l’eau, en cas de fortes pluies, s’étale et ait toute la place.” précise le maire de la ville. À Nimègue, on a ainsi misé sur une nouvelle solution : ne plus lutter contre l’eau, mais travailler avec elle.


Guillaume Joly. @guitjoly

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