En 2015, Bristol est élue capitale verte européenne et devient la première (et seule) ville anglaise à obtenir cette récompense. Un prix qui vient récompenser une ville résolument verte (plus de 90% de la population vit à moins de 300 mètres d’un espace vert, la ville compte également 8 réserves naturelles et 450 parcs). Mais aussi, et surtout, une politique énergétique efficace et une volonté affichée de réduire la pollution de l’air.


Vers une interdiction des véhicules diesel

Côté transport, le titre de capitale verte européenne accordé en 2015 résulte d’une politique et d’investissements réalisés à l’époque par la municipalité. Ainsi, une grande partie de la ville passe en zone 30 au début des années 2010 (une vitesse limitée à 20 miles soit 32km pour être exact). Par ailleurs, 400 millions de pounds sont investis dans les infrastructures de transport en commun et notamment pour un réseau de bus avec des voies dédiées, à la manière d’un métro. La ville expérimente également à l’occasion un bus qui fonctionne avec un biogaz obtenu par fermentation de déchets organiques et d’excréments… mais aussi, de manière plus classique, des bus hybrides. Enfin, Bristol double la part modale du vélo entre 2005 et 2012 pour la faire passer à 8%. Un chiffre intéressant mais insuffisant.

D’ailleurs, la congestion du trafic et la pollution atmosphérique sont toujours un problème d’importance aujourd’hui pour la sixième ville Anglaise. Bristol est en effet l’une des villes où la qualité de l’air est la plus mauvaise du Royaume-Uni. D’après une étude récemment réalisée par des chercheurs du King’s College de Londres, la pollution aux particules fines et au dioxyde de carbone est responsable de 260 morts chaque année dans cette ville de plus de 400 000 habitants. Pour aller plus loin, la municipalité propose désormais d’interdire la circulation des véhicules Diesel dans le centre-ville d’ici 2021. Elle serait la première ville du Royaume-Uni à prendre une telle mesure.

Toujours côté transports, le conseil municipal de Bristol a annoncé le 11 février 2020 qu’il mettait fin au projet d’extension de son aéroport au motif “que l’impact environnemental du projet dépassait les probables bénéfices de l’extension”.


Un exemple d’efficacité énergétique

L’autre sujet pour lequel Bristol a été élue Capitale verte européenne en 2015 est sa politique d’efficacité énergétique. Lors du vote (qui a eu lieu en 2013), la consommation d’énergie dans le secteur de l’industrie et des commerces avait été réduite de 26%, et de 21% pour la consommation domestique, par rapport aux niveaux de 2005. Pour réduire sa consommation énergétique, la ville avait investi dans un vaste programme d’isolation et de rénovation des bâtiments. Un programme permettant même aux particuliers de le financer via un dispositif “pay as you save”, c’est à dire, de rembourser des mensualités calculées en fonction des économies d’énergies réalisées.

D’autre part, la ville s’était distinguée par l’installation de panneaux solaires sur les bâtiments publics et par la création d’un parc éolien sur le port afin de fournir les bâtiments municipaux. En 2014, la ville a aussi monté sa propre régie de distribution de gaz et d’électricité.

Le combat de la ville de Bristol pour l’environnement ne s’est pas arrêté là. Courant 2019, la ville avait été l’une des premières au monde à se déclarer en “état d’urgence climatique”, affichant l’objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2030. Elle investit également beaucoup dans l’agriculture urbaine. Près de 140 producteurs sont ainsi réunis au sein du Bristol Food Producers, un réseau qui permet de nourrir près de 2 000 personnes. La ville se fixe également l’objectif que “tous les habitants aient accès à de la nourriture fraîche et bon marché à dix minutes de marche de chez soi” d’ici 2031.

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