Livreur à vélo, une solution de livraison écologique
Mobilités

Le secteur de la livraison peut-il être écolo ?- 5 minutes de lecture

La réduction des émissions de C02 est un enjeu majeur du secteur des transports. Alors que les offres de livraison à domicile explosent ces dernières années, quelles sont les solutions pour que la livraison soit plus écologique ?


GreenLiv est une jeune start-up française en activité depuis le début de l’année. Récemment, elle a été récompensée lors des trophées e-commerce 2018 dans la catégorie innovation logistique pour son offre de livraison 100% éco-responsable. La livraison en Zone Urbaine est en effet un secteur qui cherche ses alternatives écologiques.

Avec l’essor des villes (plus de 80% de la population vivra en ville d’ici 50 ans), le développement des circuits-courts et du numérique, il est plus que nécessaire de réduire l’empreinte carbone de cette activité. Aujourd’hui, plusieurs alternatives existent, comme les véhicules électriques, mais aussi les VAE – à l’image de ce que propose la start-up K-Ryole – ou encore les drones et robots.


La livraison 100% green est en route

Une initiative qu’il sera bon de suivre dans les prochains mois. Car la question du développement durable concerne tous les secteurs d’activité et les services de livraison doivent eux-aussi adopter un business model éco-responsable. L’offre de GreenLiv, c’est donc de permettre la livraison de produits périssables et non-périssables le jour-même de leur commande, où le lendemain dans une fenêtre horaire programmée. Et de le faire via une flotte de véhicules 100% électriques : du vélo-cargo aux utilitaires. 

Un, elle n’émet ainsi aucune pollution. Deux, elle peut également s’adapter à tout type de process logistique et de produits. De fait, elle offre notamment une livraison adaptée aux contraintes du secteur alimentaire car les véhicules de GreenLiv sont pensés pour respecter la chaîne du froid et la propreté des contenants. 

Les véhicules électriques de l'entreprise GreenLiv
Du vélo-cargo aux utilitaires, la flotte de véhicules GreenLiv est 100% électrique. Photo : GreenLiv

Grâce à une plateforme numérique, la start-up permet ensuite aux clients de suivre en temps réel le déroulement de la livraison. Ce back-office s’adapte aussi à différents types d’activités. Ainsi, grâce à une API, les boutiques e-commerce peuvent proposer ce mode de livraison eco-responsable à leurs clients sans manipulation technique hors de portée. Une réelle plus-value. 

Présente aujourd’hui à Lyon et Paris, l’entreprise effectue déjà plus de 2 000 livraisons par jour. Elle s’appuie notamment sur des partenariats avec plusieurs entreprises dont le groupe E.Leclerc. A terme l’entreprise vise une présence dans toutes les villes de plus de 50 000 habitants. 


Se faire livrer est parfois plus écologique que faire ses courses

La question de la responsabilité écologique de la livraison s’explique entre autre par l’essor considérable de cette pratique. Depuis l’avènement du e-commerce, les offres permettant de tout obtenir sans bouger de son canapé sont nombreuses. Les usages en hausse. L’explosion des plate-formes comme UberEats et Deliveroo en sont le parfait exemple.

Mais si ces deux entreprises favorisent la pratique du vélo, ça n’est pas le cas de toutes les offres de livraison du marché. Pour autant, est-il vrai que faire ses courses soi-même est plus écolo que se faire livrer ? Pas tout à fait. Une étude effectuée par des chercheurs britanniques récemment nous apprend par exemple que la livraison est plus écologique dès lors que le consommateur doit faire plus de 6.7 km pour se rendre au magasin.

Des voitures sur une route au coucher du soleil
la livraison est plus écologique dès lors que le consommateur doit faire plus de 6.7 km pour se rendre au magasin.

La raison vient du fait que les livraisons gérées par les spécialistes du secteur sont majoritairement optimisées afin de consommer le moins possible de carburant. Grâce à des systèmes informatisés, il est ainsi possible de déterminer la meilleure route afin de livrer tous les clients en parcourant le moins de km possible. Sans compter les économies d’échelle réalisées en livrant plusieurs clients. 

Toutefois, les acteurs du secteur sont conscients que ce modèle reste imparfait et la plupart commencent à s’équiper de flottes électriques. C’est par exemple le cas de la start up Califrais qui améliore l’empreinte carbone des livraisons dans le domaine de l’agroalimentaire. Une tendance qui va s’accélérer dans les prochaines années mais qui reste encore imparfaite également. La véritable alternative semble se situer davantage dans l’utilisation des vélos-cargos à assistance électrique. Une solution adaptée aux livraisons en zones urbaines sur de courtes distances. Mais quid des livraisons sur de longs trajets ?


Le transport électrique : moins polluant mais pas encore non-polluant

On parle d’un modèle imparfait car l’électricité est une énergie qui est évidemment propre sur le lieu de consommation. Cependant elle peut être extrêmement polluante sur son lieu de production. En effet, la maturité du secteur fait que l’extraction de métaux rares pour construire les batteries des véhicules électriques est par exemple un problème environnemental auquel nous n’avons pas de réponse à l’heure actuelle.

Par ailleurs, l’électricité elle-même ne provient pas toujours de sources propres. En Norvège, la majorité de l’electricité est fournie par des barrages hydroélectriques. C’est green. Mais dans d’autres pays, ce sont parfois des énergies fossiles qui assurent cette production. Pas Green du tout. 

Livreur à vélo, une solution de livraison écologique
La question de la responsabilité écologique de la livraison s’explique entre autre par l’essor considérable de cette pratique

En France, notre électricité est principalement issue du nucléaire. Presque green si on ne pense pas au stockage des déchets. Pour autant, une voiture électrique en France émet toujours 80% de CO2 en moins par rapport à un Diesel. L’électrique est donc moins polluant, mais pas encore non polluant. D’autant que l’usure des routes, des pneus et des plaquettes de frein reste responsable 11% des émissions totales particules fines PM10. 

Quoiqu’il en soit, il y a de l’avenir dans le concept de la start-up GreenLiv, qui reste aujourd’hui l’alternative la moins polluante du marché. En attendant que les progrès à venir dans la conception des batteries permettent de perfectionner ce modèle. 


Guillaume Joly. @guitjoly

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