Pollution aux particules fines à Paris vue depuis Montmartre
Glossaire

C’est quoi les particules fines ?- 5 minutes de lecture

Définition du terme “particules fines”, notamment des particules PM2,5 et PM10, souvent mises en cause lors des pics de pollution de l’air.    



Les particules fines, qu’est ce que c’est ?

Pour simplifier un peu les choses, les particules fines, c’est de la poussière et des résidus de combustion (suie, fumée). Sauf qu’à la différence de la poussière qui forme des moutons sous votre lit, les particules fines sont si petites qu’elles sont invisibles à l’oeil nu et restent en suspension dans l’air (Elles font d’ailleurs partie de ce qu’on appelle les “particules en suspension” dont certaines sont moins fines que d’autres).

les particules fines contribuent à la pollution de l'air en ville.
En France, la pollution de l’air est responsable de 48 000 décès prématurés par an.

Pourquoi les particules fines sont un sujet ?

On en parle car elles sont classées cancérigènes pour l’homme par le Centre International de Recherche sur le Cancer.

Pour aller plus dans le détail, on distingue deux catégories de particules en suspension dites “fines” :

  • Les PM10, dont la taille se situe entre la taille d’une cellule et celle d’une bactérie. Les PM10 aiment à s’installer dans nos poumons. Elles sont cependant moins vicieuses que les PM2,5.
  • Les PM2,5 sont plus petites. Leur taille avoisine celle d’un globule rouge. Elles ont la capacité d’aller se loger directement dans les alvéoles. Ce qui entraine des maladies pulmonaires mais aussi cardiovasculaires car leur toute petite taille permet aux PM2,5 de pénétrer voire de boucher également certains vaisseaux sanguins.

Résultats du combo PM10 + PM2,5 sur la santé : Bronchite, asthme, cancer du poumon, AVC, infarctus du myocarde (entre autres). Le fait d’inhaler souvent des particules en suspension amène donc à un déclin certain de votre santé.

En 2014, l’OMS indiquait d’ailleurs que la pollution de l’air à causé 7 millions de décès prématurés dans le monde (dont 5,9 millions en Asie-Pacifique). Si le nombre de décès semble plus réduit en Europe (348 000 selon une étude datant de 2005), les progrès restent à faire.

Pour preuve, la France ainsi que 8 autres pays membres de l’UE ont récemment été rappelés à l’ordre par Bruxelles pour non-respect des seuils de qualité de l’air (c’est mal).

Lire aussi : Plume Labs, une entreprise au service de la qualité de l’air

les voitures sont responsables d'émissions de particules fines
La circulation automobile contribue notamment à la création et la diffusion des particules fines dans l’air

D’où viennent ces particules fines ?

A l’origine, les particules en suspension sont produites par la nature : Eruptions volcaniques, tempêtes de sable, érosion ou feux de forêts par exemple. (on le répète, ce sont des poussières et résidus de combustion).

Mais l’activité humaine a permis d’améliorer considérablement la concentration de ces particules dans l’atmosphère par différents biais :

  • Chauffage au bois ou au charbon,
  • Combustion des carburants automobiles (Diesel en tête),
  • Combustion de déchets à l’air libre,
  • Rejets industriels (poussières de ciments par exemple) ou agricoles (combustion de biomasse ou vaporisation d’insecticides).

On estime ainsi que les rejets industriels et agricoles sont responsables de 57% des émissions de particules fines sur le territoire français par exemple. La combustion des carburants automobiles représente 15% de ce total. Le chauffage au bois, totalement sous-estimé, totalise à lui seul 27% des émissions de particules fines en France.

Faut-il s’alarmer ?

Excellente question. Dans l’absolu, il apparaît difficile d’échapper à la pollution de l’air tant elle est présente partout. Et même là où on ne l’attend pas : Les tunnels souterrains (le métro par exemple) voire les habitations (quand elles ne sont pas régulièrement aérées) peuvent présenter des pollutions importantes aux particules fines.

Cependant, la situation semble en nette amélioration. Selon Airparif (Association de surveillance de la qualité de l’air à Paris) les teneurs moyennes en particules fines ont baissées de 30% entre 1999 et 2016 en Ile-de-France. Une baisse imputée notamment à la diminution du trafic routier et à l’instauration de filtres à particules sur les véhicules roulant au Diesel. Le nombre d’habitants Parisiens concernés par les dépassements du seuil toléré de particules fines est lui aussi en très nette baisse (comme vous pouvez le constater sur les graphiques ci-dessous).

Graphique particules fines PM2,5 à Paris en 2016
Source : Airparif
graphique particules fines PM10 à Paris en 2016
Source : Airparif

Que peut on faire pour se prémunir des particules fines ?

Là encore, difficile de donner une réponse simple. A titre individuel, ce sont toujours les mêmes petits gestes qui soulagent la nature et la santé : Bien trier ses ordures optimise le recyclage et réduit donc l’incinération des déchets (cause de particules fines). Limiter l’utilisation de la voiture (surtout si vous roulez au Diesel) est un geste bienvenu également.

Le Gouvernement français devrait d’ailleurs détailler d’ici l’automne 2018 un ensemble de mesures afin de développer les “mobilités propres”. Le but de ces mesures étant d’améliorer la qualité de l’air et d’amoindrir la fréquence des pics de pollution aux particules fines.

Et pour nos amis qui se chauffent au bois, il ne s’agit pas d’une solution écolo ! En 2015, le chauffage au bois individuel représentait 27% des émissions nationales de PM10 et 43% des émissions de PM2,5.


Guillaume Joly. @guitjoly

Pour aller plus loin :
L’ensemble des données statistiques relatives aux mesures de pollution en Île‐de‐France sont disponibles sur le site internet d’AIRPARIF

Ce récapitulatif de l’OMS au sujet de la qualité de l’air

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