La ferme de demain sera t’elle un mélange de technologies et de pratiques agroécologiques ? C’est en tout cas le pari lancé en 2018 par la startup NeoFarm qui souhaite faire émerger en France un modèle « un modèle de production maraîchère qui soit écologique, efficace et solide économiquement » selon les propos de sa fondatrice, Alexia Rey.

Créée en 2018, la startup a ouvert sa première ferme expérimentale en 2021, dans les Yvelines. Le but de la startup est de développer une culture maraîchère répondant aux enjeux actuels : nourrir une population croissante en optimisant le rendement des parcelles, mais dans le respect de la biodiversité, et en utilisant les ressources disponibles de manière durable.

Pour cela, NeoFarm associe l’agroécologie et la permaculture aux innovations qui émergent dans le domaine de l’agriculture de précision. L’entreprise a ainsi développé, par exemple, un portique automatisé, équipé d’une batterie d’outils robotisés pour la gestion du désherbage, la mise en place des semis ou encore la récolte.

Elle développe également une application d’aide à la gestion de l’exploitation qui permet aux maraîchers de planifier la rotation de leurs cultures, d’obtenir des infos sur les associations de cultures optimales ou encore de gérer et d’organiser la répartition des tâches au sein des parcelles.

Chaque exploitation installée par la startup est à taille humaine, sur 2 à 20 hectares de surface totale au sol, avec des espaces sous serre, des espaces en plein champ et de nombreuses zones de biodiversité. Une ferme opérée par NeoFarm peut, selon l’entreprise, produire environ 200 tonnes de fruits et légumes chaque année et créer localement entre 2 et 10 emplois maraîchers. La startup gère aussi la distribution des récoltes via des partenaires comme Biocoop, La Vie Claire, Naturalia, La Ruche qui dit Oui ! ou encore le site À L’Ancienne.

Vue aérienne d'une ferme pilote
NeoFarm cherche à concilier sobriété et productivité


Deux nouvelles fermes dans l’Oise et la Beauce

Après avoir inauguré sa ferme expérimentale des Yvelines l’année dernière, la startup confirme son développement avec l’installation de deux nouvelles fermes dans l’Oise et la Beauce, dont l’une s’adresse directement à une collectivité locale, en l’occurrence la communauté de communes du Pays de Valois, qui y voit une manière de proposer à ses habitants un moyen de s’approvisionner en fruits et légumes bio directement sur leur territoire.

Fin 2020, la startup avait effectué une levée de fonds de 2,5 M€ afin de commencer le déploiement de son modèle. Elle se lance aujourd’hui dans une seconde levée pour accompagner son développement et trouver de nouveaux relais de croissance. Entre autres pistes, elle pourrait notamment commercialiser ses solutions technologiques et de ses services afin d’accélérer le déploiement de ce types de fermes en France et en Europe et permettre ainsi de participer à l’amélioration de la résilience alimentaire des territoires.

Ce type de fermes, qui mêle agroécologie et technologie, représente aussi une piste prometteuse pour les futures générations d’exploitants agricoles, qui ont des attentes et une vision du métier qui sont différentes de leurs aînés, notamment sur la pénibilité du travail et le rapport à l’environnement. Une problématique d’autant plus importante à traiter qu’aujourd’hui, près de 40 % des agriculteurs français ont plus de 55 ans et partiront à la retraite d’ici à 2030.

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