Le dernier rapport du GIEC sur la question est sans appel : le document rappelle une nouvelle fois la nécessité de cesser le recours aux combustibles fossiles et de se tourner vers des sources d’énergie à plus faible impact carbone. Parmi les solutions avancées figurent les énergies renouvelables et les carburants de substitution, dans le but d’atteindre, sinon la neutralité carbone, au moins une réduction drastique de nos émissions de CO2 afin de limiter le réchauffement de la planète en-dessous des 2°C, puisque l’objectif de le contenir en dessous de +1,5°C est désormais à oublier.

Pour rappel, une énergie est considérée comme étant renouvelable lorsqu’elle provient de sources dont les stocks ne peuvent pas s’épuiser. Elles tirent ainsi leur potentiel du soleil (photovoltaïque), du vent (éolien) ou encore de l’eau (installation hydroélectriques sur les rivières ou turbines marémotrices) et de la Terre (biomasse et géothermie).


Où en est-on en France ?

Les alternatives matures aux énergies fossiles existent donc et leur usage varie selon la typologie de chaque territoire (ensoleillement, potentiel éolien, etc.). Pour encourager leur développement, plusieurs textes de lois ont permis de définir un objectif quant à leur part dans le mix énergétique.

Au niveau européen, la directive 2009/28/CE relative au développement des énergies renouvelables fixait ainsi à 23% la proportion d’énergie d’origine renouvelable produite en France en 2020. L’objectif n’a pas été atteint et la part du renouvelable s’est mesurée à 19% de la consommation finale brute française cette année-là. Pour la suite, la Loi énergie-climat de 2019 propose un objectif à 33% d’ici 2030.

Si nous n’avons pas atteint nos objectifs en la matière, le développement des énergies renouvelables reste cependant en croissance régulière dans l’hexagone au cours des dix dernières années : leur part dans la consommation finale est ainsi passé de 8,3 à 13,1% entre 2010 et 2020. Parmi ces énergies, c’est le bois-énergie qui arrive en première place dans la consommation d’énergie primaire issue de sources renouvelables, et sa part s’élève à 32,9% du total, suivi par l’hydraulique (18,7%) et l’éolien (12,3%). Par ailleurs, on s’aperçoit que les investissements importants réalisés dans ce secteur ont permis de soutenir l’emploi (68 000 personnes employées dans le secteur en 2018) et s’inscrivent dans le cadre d’une transition énergétique juste.

Au sein des territoires, on observe une certaine complémentarité entre les différentes sources d’énergie renouvelables. L’hydraulique et le solaire photovoltaïque, par exemple, sont principalement situées dans la partie sud du pays où l’on retrouve davantage de montagnes et où l’ensoleillement est plus fort. Le développement de l’éolien, notamment l’éolien offshore, se fait lui dans la partie Nord et à l’Ouest du pays.

Le premier parc éolien offshore du pays devrait ainsi ouvrir à Saint-Nazaire d’ici la fin de l’année 2022. Ce 13 avril 2022, EDF a d’ailleurs annoncé l’installation de la première éolienne en mer de ce parc. 79 autres devraient suivre d’ici la fin de l’année. Lorsqu’il sera opérationnel, il devrait produire l’équivalent de 20% de la consommation annuelle du département de la Loire-Atlantique. Un chantier qui a permis au bassin de Nantes-Saint-Nazaire de se positionner comme un territoire propice au développement de la filière et qui attire aujourd’hui de nouvelles entreprises dans ce secteur d’activité.

Vue aérienne de la ville de Nantes


4 nouvelles entreprises rejoignent le bassin Nantes-Saint-Nazaire

Bassin industriel historique en France, notamment en ce qui concerne le transport maritime, la région de Nantes-Saint-Nazaire se réoriente petit à petit vers de nouvelles activités. C’est particulièrement le cas du développement des énergies marines renouvelables et des énergies renouvelables d’une manière générale. Récemment, ce sont 4 entreprises qui ont ainsi annoncé rejoindre la région.

YS ENERGIES DEVELOPPEMENT, spécialiste des énergies de la mer

Préservation des écosystèmes marins, besoins énergétiques et limitation des émissions de carbone sont autant de problématiques auxquels les littoraux et territoires insulaires sont confrontés désormais. Consciente de ces nombreux défis, l’entreprise développe des projets locaux de production d’énergie en s’appuyant sur les ressources offertes par l’océan. YS Energies Développement favorise l’autoproduction en s’appuyant sur les technologies houlomotrices et hydroliennes. Le but est de soutenir des projets de production d’énergie citoyenne, participative et durable tirant profit de la proximité de ces territoires avec la mer et co-construits avec les acteurs locaux.


AXISCADES Technologies Ltd, pour développer l’éolien et l’hydrogène

La société indienne déjà implantée sur le marché européen rejoint quant à elle la région proche de Saint-Nazaire. Spécialisée dans la conception de solutions techniques et technologiques, Axiscades se dote d’un centre d’ingénierie à Montoir-de-Bretagne pour lequel elle compte recruter une trentaine d’ingénieurs et exploiter le fort potentiel industriel de la région. Ayant de partenariats avec nombre de fabricants dans le domaine aéronautique, elle compte y développer ses compétences en termes de construction navale et d’énergies alternatives, notamment l’éolien et l’hydrogène.


CREADIS, une société danoise spécialisée dans l’éolien

Entreprise danoise présente dans de nombreux pays, Creadis ouvre un bureau à Nantes. Spécialisée – entre autres – dans le secteur éolien, l’automatisation et l’ingénierie électrique, elle souhaite investir le secteur de l’aéronautique par le biais de partenariats avec les acteurs locaux. Ses ingénieurs proposent d’élaborer des solutions plus durables, modulables en fonction des besoins exprimés par ses clients.


– FAIRMAT, pour recycler les pales d’éoliennes

Spécialisée dans le recyclage des matériaux en fibre de carbone (déchets de production, résidus, etc.) à grande échelle, Fairmat s’installe dans une usine à proximité de Nantes afin de recycler jusqu’à 5 000 tonnes de déchets par an. Les matériaux produits sont durables et sont conçus pour gagner en performance : plus résistants à la corrosion et plus solides, ils offrent une alternative intéressante et économique aux matériaux en bois ou en plastique. Le choix de la métropole nantaise permet à l’entreprise de traiter les matières premières issues du démantèlement de pales d’éolienne en mer.


Un territoire déjà propice à de nombreuses startups et industriels

Le choix de cette région, qui concentre le premier parc éolien en mer français et le premier pôle de construction navale, offre de nombreuses possibilités aux entreprises actrices de la transition énergétique. La région de Nantes accueille déjà quelques pépites en la matière. C’est particulièrement le cas de la startup Lhyfe – qui est un acteur majeur en Europe en ce qui concerne le développement de l’hydrogène vert. C’est aussi le cas de la startup Beem Energy qui favorise l’autoconsommation grâce à la production de kits solaires photovoltaïques à installer chez soi.

La région s’appuie aussi sur ces compétences académiques, notamment grâce au concours de l’école Centrale Nantes qui opère la SEM-REV, le 1er site européen d’essais en mer multi-technologies qui est connecté au réseau électrique français afin de répondre aux défis du développement des Énergies Marines Renouvelables en France. Cette structure est gérée par le Laboratoire de recherche en Hydrodynamique, Énergétique et Environnement Atmosphérique (LHEEA) de Centrale Nantes et du CNRS dans l’objectif d’aider les industriels à développer des nouvelles capacités de production d’énergie.

Enfin, comment ne pas citer les historiques Chantiers de l’Atlantique, mondialement réputés pour leur capacité à produire des paquebots et navires de croisière ? Conscient de la nécessité de se renouveller, les Chantiers de l’Atlantique ont récemment créé une Business Unit dédiée aux Energies Marines à l’occasion de la création du parc éolien offshore de Saint-Nazaire. Elle devrait également concevoir, fabriquer et installer le poste électrique du Parc éolien en mer du Calvados, qui sera situé au large de Courseulles-sur-Mer. Cette sous-station électrique collectera et transformera l’électricité produite par ces éoliennes, pour la transférer vers la terre tout en assurant le pilotage à distance du parc éolien. Elle sera installée en 2023.

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