En moyenne, il serait ainsi moins cher de mettre en service de nouvelles installations d’énergie solaire photovoltaïque et éolienne que de maintenir de nombreuses centrales au charbon en exploitation. En France, nos 4 dernières centrales à charbon seront d’ailleurs fermées d’ici 2022 et le mix-énergétique du pays concentré principalement sur le nucléaire et les renouvelables.

Dans d’autres pays – en Europe et dans le reste du monde – le charbon reste cependant l’une des énergies les plus utilisées. Mais au fur et à mesure que les technologies photovoltaïque et éolien gagnent en maturité et que leur déploiement s’accélère, les coûts inhérents à cette filière diminuent… Ce qui permet de les rendre intéressantes.

Le rapport de l’IRENA précise ainsi que l’année prochaine, il pourrait être plus coûteux d’exploiter 1 200 gigawatts (GW) de capacité existante dans des centrales à charbon que de mettre en service de nouvelles installations solaires photovoltaïques à l’échelle industrielle.

Nous avons atteint un tournant important dans la transition énergétique. Tant sur le plan environnemental qu’économique, les arguments en faveur de l’installation de nouvelles centrales à charbon ou du maintien de celles qui existent sont injustifiables

Francesco La Camera, directeur général de l’IRENA.


Le solaire photovoltaïque de plus en plus compétitif

Ainsi, au cours des dix dernières années, l’amélioration des technologies, les économies d’échelle et la compétitivité des chaînes d’approvisionnement – notamment – ont entraîné une forte baisse du coût de l’électricité provenant de sources d’énergies renouvelables. Depuis 2010, la plus forte baisse des coûts a été enregistrée par l’électricité solaire photovoltaïque à l’échelle industrielle (une diminution des coûts de 82 %). L’éolien terrestre suit avec une baisse de l’ordre de 39 %, et l’éolien offshore, avec une réduction de coûts qui se situe autour de 29 %.

Sur l’année 2019, le coût de l’électricité de source solaire photovoltaïque à l’échelle industrielle a ainsi baissé de 13 %, atteignant une moyenne mondiale de 6,8 cents (0,068 USD) par kilowattheure (kWh). L’éolien terrestre et l’éolien offshore ont tous deux diminué d’environ 9 %, pour atteindre respectivement 0,053 et 0,115 USD/kWh.

Par ailleurs, lorsqu’on regarde le ratio entre investissements et production, la maturité du marché des énergies renouvelables devient extrêmement intéressante. Ainsi, en 2019, la capacité de production d’énergies renouvelables mise en service était deux fois plus élevée qu’en 2010, mais elle a nécessité seulement 18 % d’investissements supplémentaires.

Enfin, on note que la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique mondial est en hausse constante (17,3 % de la consommation finale d’énergie en 2017, contre 17,2 % en 2016 et 16,3 % en 2010). La consommation d’énergies renouvelables (+2,5 % en 2017) augmente aussi plus rapidement que la consommation mondiale d’énergie (+1,8 % en 2017), poursuivant une tendance qui se confirme depuis 2011.


789 millions de personnes vivent toujours dans le noir

Côté financement, l’IRENA note que les financements publics internationaux destinés aux pays en développement pour soutenir les énergies propres et renouvelables ont doublé depuis 2010, pour atteindre 21,4 milliards de dollars en 2017. Mais ces flux masquent cependant d’importantes disparités, puisque en 2017, seuls 12 % ont bénéficié à ceux qui en avaient le plus besoin (pays les moins avancés et petits États insulaires en développement).

Depuis 2010, plus d’un milliard de personnes supplémentaires ont été raccordées à l’électricité, ce qui dénote un véritable progrès sur ce sujet. En 2018, 90 % de la population de la planète y avait donc accès. Cependant, 789 millions de personnes vivent toujours sans électricité. Malgré les progrès rapides de ces dernières années, la cible relative à l’accès universel à l’électricité à l’horizon 2030 ne sera probablement pas atteinte. D’ici 2030, par exemple, 85% des populations en Afrique subsaharienne ne devraient toujours pas avoir accès à l’électricité.

Des solutions émergent cependant pour tenter de raccorder plus facilement et à moindre coût ces populations. C’est particulièrement le cas des mini réseaux électriques : de petites unités de production locale d’électricité (entre 10kW et 10MW), alimentées par une ou plusieurs sources, et isolées des autres réseaux électriques. Ces mini réseaux fonctionnent de manière autonome et sont idéales pour permettre une certaine autonomie à l’échelle, par exemple, de villages ou de petites iles. Ils fonctionnent aussi pour des quartiers, bidonvilles ou favelas.

La crise du Covid-19 nous rappelle également que l’accès à l’électricité est un fondement de toute politique sanitaire et sociale, au-delà de son intérêt purement écologique. Si l’objectif à horizon 2030 ne sera probablement pas atteint, espérons que ce soit le cas sur les dix ans qui suivront.