Le charbon représente en 30% des émissions de gaz à effet de serre du secteur électrique français alors qu’il ne fournit que 2% de la consommation nationale. Une absurdité qui devrait disparaître d’ici 2 ans. Il reste en effet seulement 4 centrales à charbon encore actives en France, au Havre en Seine-Maritime, à Cordemais en Loire-Atlantique, à Saint-Avold en Moselle et à Gardanne dans les Bouches-du-Rhône. Mais elles seront toutes fermées d’ici 2022.

Concernant la centrale du Havre, cela fait un an que le gouvernement travaille avec les autorités locales pour repenser le modèle industriel et énergétique de la région. Un modèle qui se tourne désormais vers l’énergie éolienne. Ainsi, le “Pacte de Transition Énergétique et Industrielle du Havre”, signé le 13 janvier 2020 par Emmanuelle Wargon – Secrétaire d’État auprès du Ministère de la Transition Écologique et Solidaire – a donc vocation à accompagner la région dans cette transition.

La zone du port du Havre, qui est le poumon économique et industriel de la ville, portera ce projet de conversion vers une énergie plus durable puisque plusieurs projets industriels de construction d’éoliennes, en mer et sur terre, y seront développés” a précisé à cette occasion la secrétaire d’état. Outre la création d’un parc éolien offshore au large du Havre, la zone portuaire accueillera également deux sites dédiés à ce secteur : une usine d’assemblage de nacelles et de fabrication de pales, et un site de construction temporaire pour les fondations.

Avec près de 20 000 emplois directs et indirects, l’éolien représente aujourd’hui la seconde source d’énergie renouvelable en France derrière la production hydroélectrique. Outre Saint-Nazaire, l’éolien offshore devrait également se développer dans le nord de la France, à Dunkerque, ou un parc ouvrira d’ici 2026. Le gouvernement prévoit également de lancer des projets en Normandie, donc, mais également en Bretagne et en Méditerranée.


En Moselle, le charbon remplacé par la valorisation des déchets

En parallèle, Emanuelle Wargon – active sur ces sujets en ce début d’année – s’est également rendue à Saint-Avold en Moselle le 16 janvier afin de signer le Projet de territoire du Warndt Naborien qui accompagne la fermeture de la dernière tranche à charbon de la centrale thermique Emile Huchet.

Ce “Projet de territoire”, qui prévoir notamment 250 millions d’euros d’investissements sur 5 ans, a pour objectif de promouvoir l’économie circulaire sur ce territoire en développant notamment la valorisation énergétique des déchets non recyclables. Pour cela, un projet de création de chaufferie valorisant les combustibles solides de récupération ainsi que de nouvelles énergies renouvelables comme l’hydrogène sont à l’étude.

En Loire-Atlantique, éolien offshore et hydrogène pour compenser

En Loire-Atlantique, la centrale à Charbon de Cordemais sera arrêtée en 2022. Et si RTE a identifié des difficultés spécifiques pour la sécurité d’approvisionnement pour l’Ouest de la France jusqu’à la mise en service de l’EPR de Flamanville, des solutions sont envisagées autour du renouvelable.

Ce sera d’abord via l’installation d’un parc éolien en mer de Saint-Nazaire avec l’implantation de 80 éoliennes près du banc de Guérande. Celui-ci pourrait être mis en service dès 2022. D’une puissance totale de 480 MW, il produira 1 730 GWh par an et couvrira ainsi 20 % de la consommation électrique de la Loire-Atlantique. Il sera complété à horizon 2023 par celui des deux Îles (entre Yeu et Noirmoutier, 62 éoliennes, 496 MW de puissance installée). Enfin, avec le développement du projet H2 Loire Vallée autour de l’hydrogène, une seconde filière d’énergie renouvelable devrait voir le jour. La Loire-Atlantique est en pointe sur ces sujets grâce, comme en témoigne la récente levée de fonds de la start-up Lhyfe, ou encore le développement du projet SMILE smart-grids.