D’ici 2023, le tri à la source des biodéchets sera rendu obligatoire, ainsi que leur collecte séparée. Dans un même temps, cela implique donc la revalorisation de ces biodéchets, soit en compost soit en gaz renouvelable, cette dernière solution représentant une alternative intéressante au gaz naturel pour le chauffage.

Mais si le nombre d’installations de méthanisation en France est en constante évolution, il est aujourd’hui encore trop faible par rapport à la consommation énergétique des Français. C’est ainsi que BioRenGaz se présente comme une solution de valorisation et de production de biogaz efficace et optimisée qui répond à cette problématique.


Une technique innovante pour produire 10% de biogaz en plus

Créée en 2019, la startup est ainsi spécialisée dans la méthanisation. Et plus précisément dans le développement d’une technologie qui permet d’améliorer la production de biogaz. L’objectif de cette innovation est d’optimiser la valorisation des biodéchets, c’est-à-dire les déchets organiques tels que les déchets alimentaires ou les effluents d’élevage dans la fabrication de biogaz. En fin de processus, cela permet d’augmenter la production de biogaz de 10% pour un volume et une emprise au sol 4 et 10 fois inférieure à une installation classique.

La fabrication du biogaz s’effectue généralement en faisant fermenter des matières organiques dans un espace privé d’oxygène par l’action de bactéries. “Ce sont les bactéries qui vont décomposer la matière. Il y a différentes familles de bactéries qui agissent chacune leur tour jusqu’à ce que la dernière molécule forme du gaz“, explique Jonathan Fritsch, fondateur de la structure.

Mais le processus qu’a développé la startup fait en sorte de favoriser un environnement adéquat pour ces bactéries. “L’innovation de BioRenGaz, c’est l’utilisation d’un support de culture qui permet de fournir un habitat pour les bactéries. En leur fournissant un habitat, elles vont venir s’attacher dessus, et il va y avoir une synergie qui va se développer entre elles” ajoute l’entrepreneur. “Cela permet d’accélérer les transferts entre les différentes espèces et elles vont constituer ce qu’on appelle un biofilm. Elles vont se structurer sous forme de couche sur le support de culture“.

Un support de culture qui est lui-même biosourcé et issu du recyclage. La startup récupère ainsi des morceaux de bois en fin de compostage pour les placer dans les cuves. Et au final, le digesteur, en plus du gaz renouvelable, produit également un digestat à partir du compost de déchets verts utilisé pour l’habitat des bactéries.

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Un début de commercialisation pour l’entreprise

Jonathan Fritsch a fondé BioRenGaz en 2019 suite à une expérience professionnelle de plusieurs années dans le domaine de la valorisation des déchets. Mais s’il s’est lancé seul, il a depuis été rejoint en 2020 par un associé, Walter Debenath, avec qui il avait travaillé pendant quelques années dans la filière d’installation de méthaniseurs, de compostage et de traitement de l’air. “Il était directeur technique dans cette entreprise. Nous avons chacun pris des chemins différents entre temps et finalement, sur un appel à projet, on a candidaté ensemble. Sa structure, Viwade, (dont il est le président) est rentrée au capital de la société et, ensemble, nous avons réussi à financer ce premier pilote industriel”.

C’est d’ailleurs aux côtés d’Axibio, autre acteur de l’économie circulaire dans le domaine des biodéchets, que l’entreprise a reçu le prix « Encouragements » de l’appel à projet GRDF-Maddy Keynote en 2019.

Aujourd’hui, BioRenGaz propose son installation à différents acteurs qui souhaitent s’insérer dans la transition énergétique via la méthanisation ou qui souhaitent optimiser leurs processus. Car grâce à son aspect modulaire et compact, l’innovation de l’entreprise s’intègre convenablement aux installations existantes des exploitants.

La startup planche également sur des recherches visant à améliorer encore davantage l’efficacité de production de sa technologie. “Nous continuons la R&D. Plus on est efficace, plus on peut traiter de quantités pour la même unité. Le futur client pourrait traiter d’autant plus de matières avec un investissement semblable et donc produire d’autant plus de biogaz” conclut Jonathan Fritsch.

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