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Les VTC, un problème de pollution en ville ?- 4 minutes de lecture

Les plateformes de VTC comme Uber ou Lyft sont accusé d’empirer le trafic et la pollution en ville, d’autant qu’elles tentent de séduire les usagers des transports en commun.


“To achieve a future in which cities are built around people instead of cars, we need to fundamentally change the way we think about personal car ownership and offer seamless ways to help decrease it”. Lilly Shoup est Directrice des transports et partenariats chez Lyft, une plateforme de VTC concurrente d’Uber. Et comme beaucoup d’autres personnes, elle estime que le futur des villes ne doit pas être construit en fonction des voitures et qu’il faut donc proposer des solutions pour réduire l’usage de la voiture individuelle.

Pour cette raison, l’entreprise Américaine lance des programmes incitatifs vis à vis de ses usagers pour tenter de les convaincre de vendre leurs véhicules personnels. À la clé, 250$ en bons d’achat à dépenser sur la plateforme pour tout véhicule revendu chez un partenaire de l’application.

Une manière de s’engager aux côtés des villes dans leur transition écologique mais aussi de répondre aux critiques qui assaillent les services de VTC depuis quelques mois au regard de leur apport jugé parfois néfaste sur la qualité de l’air et la congestion du trafic dans les villes.


Cinq à six fois plus de kilomètres qu’un véhicule standard

En effet, depuis leur arrivée sur le marché, les entreprises de VTC ne font pas l’unanimité. Londres vient par exemple d’interdire à nouveau la firme Uber d’opérer sur son territoire. En France, si la grogne des chauffeurs de taxi s’est calmée après des débuts mouvementés, ce sont désormais les utilisateurs, en particulier les utilisatrices, qui alertent l’opinion au sujet d’agressions subies de la part de chauffeurs, ainsi que le révèle le hashtag #UberCestOver.

Mais la question environnementale est aussi une préoccupation au regard du déploiement massif de ces services dans les villes du monde entier. En France, depuis 2015 (date de la libéralisation du marché du taxi), le nombre de chauffeurs enregistrés a doublé, passant de 15 000 à 30 000. Ce qui fait au moins 15 000 voitures de plus sur nos routes. Et fin 2017, 90% des VTC enregistrés en France étaient des véhicules diesel. Or, les VTC parcourent en moyenne 5 à 6 fois plus de kilomètres qu’un véhicule standard

« Uber doit arrêter de polluer les villes européennes » alerte l’association Respire dans la foulée d’un travail effectué par une large coalition d’ONG internationales. Ces associations demandent à la plateforme de passer ces véhicules à l’électrique pour des questions de pollution et de santé publique. Les moteurs diesel constituent en effet la première source d’émissions de dioxyde d’azote (NO2). Or, d’après les estimations de l’Agence européenne de l’environnement, en 2015, l’exposition au NO2 a causé la mort prématurée de 79 000 personnes en Europe.

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Campagne de “communication” réalisée par Uber à Paris.


Uber, Lyft… mais pas les autres ?

À l’évidence, Uber et Lyft sont des symboles d’une “sur-libéralisation” de l’économie mondiale qui ne fait pas l’unanimité. À l’évidence, ces entreprises semblent les mieux armés pour transformer leur modèle de manière vertueuse, au regard de leurs chiffres d’affaires et valorisation. À l’évidence, si l’on va au bout de la logique environnementale, c’est cependant à la pollution émise par l’intégralité des taxis et VTC qu’il convient de diminuer, et pas seulement celle de deux entreprises.

Les ONG qui pointent du doigt – essentiellement Uber, d’ailleurs – insistent en effet sur la nécessité d’interdire la vente de véhicules Essence et Diesel dans les 10/15 ans à venir. Ce sera sans doute une bonne idée, mais nous savons aussi que ça n’est pas la solution ultime. Dans un rapport rendu en juillet dernier, l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) précisait à ce sujet que la seule transformation du parc automobile ne serait pas suffisante à réduire la pollution si nous ne réduisons pas en parallèle le trafic.

Une question à laquelle les services de VTC répondent aujourd’hui partiellement avec des offres de location de vélos, trottinettes et scooters électriques. Récemment, Uber a notamment fait l’acquisition du français Cityscoot. À l’avenir, ces marques pourraient aussi s’engager davantage dans le partage des trajets (taxi façon covoiturage) comme cela se fait avec UberPOOL. Et d’une manière plus générale, il y a aussi un travail de fond à réaliser auprès des consommateurs qui doivent réfléchir à leurs usages. Car dans toutes les villes où sont présents les VTC, il existe aussi des offres de transports en commun.



À lire aussi : Pour réduire la pollution, Nantes mise sur le covoiturage


Guillaume Joly. @guitjoly

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