navire voile zephyr et borée
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Zéphyr&Borée, ou l’utilisation du vent pour un transport maritime bas carbone- 4 minutes de lecture

Pour diminuer l’impact environnemental du transport maritime, l’entreprise nantaise Zéphyr et Borée a la volonté de créer un navire hybride qui mêle voiles et moteur. Elle inaugurera en 2022 un premier trajet en partenariat avec ArianeGroup.


En 2014, le projet Zéphyr et Borée est né au travers de deux volontés. La première ; faire évoluer le modèle énergétique du transport maritime existant. La seconde ; s’emparer des énergies renouvelables, en l’occurrence, le vent. L’objectif des fondateurs, Nils Joyeux et Amaury Bolvin, est de construire un navire futuriste doté d’un moteur et de voiles. Ils ont ainsi l’ambition de construire des navires marchands d’un nouveau genre dans une optique de transition énergétique. 

Le transport maritime est en effet extrêmement néfaste en matière de pollution environnementale. Pour respecter les accords de Paris, les émissions de CO2 du transport maritime doivent d’ailleurs être divisées par deux. Avec des voiles propulsives articulées, en étudiant le routage météorologique et particulièrement les vents marins, les navires conçu par Zéphyr et Borée pourraient déjà réduire leurs émissions de 35%.


Réduire les émissions de CO2 des navires grâce au vent

Le transport maritime a augmenté de 350 % entre 1973 et 2011. Aujourd’hui, les navires commerciaux qui sillonnent les mers assurent 90% des échanges de marchandises dans le monde. De ce fait, le transport maritime est responsable d’environ 15% à 30% des émissions d’oxydes d’azote et d’environ 10% des émissions d’oxydes de souffre (deux gaz à effet de serre). S’il ne représente que 3 % des émissions de CO2 à l’heure actuelle, si rien ne change, on estime qu’en 2050, ce chiffre représentera environ 1/5ème des émissions mondiales.

Ainsi, comme d’autres sociétés françaises, à l’image d’Airseas – un spin-off d’Airbus – Zéphyr et Borée souhaite inverser cette tendance en rendant le transport maritime plus responsable. Et pour cela, l’entreprise mise sur le vent et la voile. Evidemment, il paraît encore utopique d’imaginer un transport maritime totalement dépourvu de moteur à l’heure actuelle. Nils Joyeux en est conscient. «  Les voiles sont là pour réduire la consommation du bateau quand c’est possible » précise le fondateur de la structure.

Mais c’est un moyen efficace de réduire la consommation du navire. Quand il n’y a pas de vent, le moteur assure le trajet. Quand il y en a, les voiles prennent le relai. « L’énergie du vent fait définitivement partie de l’avenir du shipping » abonde Nils Joyeux. Avec la mise en place des voiles propulsives, la start-up envisage de réduire entre 20% et 50% les émissions de CO2 d’un navire. Un pourcentage qui est variable selon la zone géographique et le routage météorologique. Ainsi, une bonne connaissance des vents marins permettront aux navires d’économiser une large part de carburant. Des entreprises comme Smart’n’go proposent d’ailleurs des solutions à ce sujet.

navire à voile par zéphyr et borée
Prototype du navire qui transportera Ariane 6 en 2022


Un premier cargo pour Ariane 6 d’ici 2022

Canopée est un cargo hybride conçu par Alizés, une entreprise créée dans le cadre d’une coopération économique entre Zéphyr et Borée et Jifmar Offshore Service, en partenariat avec ArianeGroup. La construction de Canopée débutera dès 2020 pour une mise à l’eau en 2022. Ce navire hybride long de 121 mètres aura quatre ailes articulés de 375 m2 et quatre moteur. L’objectif de ce cargo est de réduire de 35% ses émissions de CO2 au travers de ses expéditions. La première débutera sur l’océan Atlantique pour le transport de la fusée Ariane 6. 

« Je suis d’ailleurs très fier de pouvoir annoncer que nous venons de signer un contrat de fret avec ArianeGroup pour le transport d’Ariane 6 » confie Nils Joyeux. En effet, Canopée transportera la fusée Ariane 6 entre la France métropolitaine et la Guyane. Ce projet d’une grande envergure montre l’engagement environnemental d’ArianeGroup mais prouve surtout qu’il est possible de mettre en oeuvre des initiatives pour un avenir plus responsable du fret maritime. 

La start-up Zéphyr et Borée ne souhaite pas s’arrêter là. Et si aujourd’hui l’idée d’utiliser la propulsion vélique pour réduire les émissions de CO2 des navires semble la meilleure à court-terme, Nils Joyeux et ses équipes continuent leurs recherches sur d’autres sujets, et notamment la propulsion à l’hydrogène.



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