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Dijon à la recherche du système alimentaire de demain- 4 minutes de lecture

Lauréat de l’appel à projets Territoires d’innovations, Dijon métropole part à la recherche du système alimentaire durable de 2030. Un programme qui mobilise aussi bien les citoyens que les industriels et scientifiques.


“Territoires d’innovations” est un appel à projets destiné à faire émerger des projets innovants et écologiques dans 6 métropoles, 8 territoires ruraux et 9 villes moyennes. Les 24 lauréats (qui se partagent une enveloppe de 450 millions d’euros) ont été dévoilé le 13 septembre 2019 par le premier ministre Edouard Philippe. Ils illustrent la volonté des territoires français de s’emparer du sujet de la transition écologique.

Ainsi, Bordeaux va aider les viticulteurs à se passer d’intrants chimiques, Le Havre souhaite développer le port du futur, Rennes se positionne sur les mobilités intelligentes tandis que La Rochelle souhaite être le premier territoire français zéro carbone d’ici 2040.

Du côté de la Côte d’or, en Bourgogne-Franche-Comté, Dijon Métropole a été choisie pour son projet “Alimentation Durable 2030”. Un vaste programme pour repenser intégralement notre modèle alimentaire, du champ à l’assiette, en s’appuyant sur les atouts d’un territoire – haut lieu de la gastronomie française – mais surtout sur ce que la FAO (l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation) considère comme le moyen de nourrir durablement la planète : l’agroécologie.

un exemple d'agroforesterie


Un territoire pionnier en matière de transition écologique

“Le rapport de Dijon avec l’agriculture et l’alimentation, c’est avant tout une question d’histoire”, rappelle d’abord aux Horizons Marie-Hélène Riamon, chargée de la filière agro-alimentation à Dijon Métropole. Les premières vignes y apparaissent en effet dès l’antiquité, elles sont d’ailleurs inscrites au patrimoine de l’UNESCO depuis 2015. Mais outre le vin, Dijon est depuis toujours un haut lieu de la gastronomie française, aussi pour sa moutarde, pour son pain d’épices ou pour son boeuf bourguignon.

La ville a d’ailleurs été choisie par l’État pour héberger la cité internationale de la gastronomie et du vin. Depuis 2000, elle héberge également Vitagora, pôle de compétitivité dédié à l’agroalimentaire qui fédère plus de 550 membres, PME, grands groupes et laboratoires de recherche. C’est aussi à Dijon qu’a été crée le réseau Foodtech Dijon Bourgogne-Franche-Comté, un réseau thématique de la Frenchtech qui fédère les start up et acteurs français de la Foodtech et de l’Agtech, et organisateur chaque année du salon FoodUseTech.

Ce croisement entre les collectivités, les consommateurs, les entreprises et les scientifiques, c’est d’ailleurs le fondement du projet “Dijon Alimentation Durable 2030” qui se donne 10 ans pour devenir un exemple en la matière. Un modèle qui vise à la fois à mieux produire et à mieux consommer. Et pour cela, la métropole s’appuie également sur un écosystème riche, dont une unité de 600 scientifiques dédié à l’agroécologie.

“Le défi que nous nous fixons, c’est d’être à la fois capitale de la haute gastronomie et capitale de l’innovation dans le domaine de l’agriculture et de l’alimentation” précise Marie-Hélène Riamon. Mais ce projet n’a pas vocation à être pyramidal, il est d’abord pensé pour les citoyens, ainsi que le rappelle Xavier Boidevézi, secrétaire national du réseau Foodtech et VP Innovation digitale chez SEB “notre ambition, c’est d’embarquer les utilisateurs dans la création des produits et des services afin que les consommateurs puissent être acteurs de ce système alimentaire durable”.

dijon


Un projet à vocation économique et sociale

Pour cela, la métropole va s’appuyer sur l’agroécologie, un juste milieu entre l’agriculture conventionnelle et l’agriculture biologique. C’est à dire un modèle agricole basé essentiellement sur des solutions naturelles, qui permet de conserver des rendements tout en limitant les produits chimiques. 600 chercheurs planchent sur le sujet à Dijon. Mais l’idée est aussi de développer au maximum les circuits-courts et les cultures péri-urbaines, tout comme de réfléchir à de nouvelles pratiques et de nouveaux usages.

Il est aussi question de renforcer la performance et la sécurité agroalimentaire à travers les organismes de recherche et l’enseignement supérieur, ou encore de mettre en oeuvre grâce aux technologies numériques et l’industrie, des pratiques meilleures pour une alimentation plus équilibrée, plus saine et une vie quotidienne plus pratique.

Grâce à ce projet, Dijon Métropole vise à proposer d’ici 2030, au moins 50% d’alimentation locale, bio ou agroécologique à ses 400 000 habitants et à multiplier par trois la capacité d’autosuffisance alimentaire de la métropole. Un projet à vocation économique, évidemment, qui implique des acteurs comme SEB, Amora, Maille ou encore Unilever. Mais aussi un projet à vocation sociale et environnementale. Il vise à améliorer l’alimentation et la santé des populations, mais aussi à sécuriser les agriculteurs, et enfin à préserver la biodiversité et l’environnement.

Alors que la ville de Dijon fait désormais partie des exemples français en matière de Smart City grâce au projet OnDijon, le projet “Système Alimentaire Durable 2030” vient renforcer la manière avec laquelle la cité des ducs de Bourgogne vient s’ériger en moteur de la transition écologique en France. Et la ville ne s’arrête pas là puisqu’elle sera d’ailleurs candidate au titre de capitale verte européenne. Une distinction déjà obtenue par une métropole française – la ville de Nantes – en 2013.


Lire aussi : Dijon, 10 start up green à suivre


Guillaume Joly. @guitjoly

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