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Le secteur de la cosmétique à l’heure de la transition écologique- 5 minutes de lecture

Du shampoing en vrac aux cosmétiques pour femmes enceintes, plusieurs jeunes entreprises investissent le créneau de la cosmétique bio et naturelle… alors que le secteur peine encore à amorcer sa transition écologique.


Depuis quelques mois, nous assistons à l’émergence d’applications mobiles qui permettent de scanner des produits de grande consommation afin d’en connaître la composition. D’abord appliqué au secteur alimentaire, ces applications touchent aujourd’hui également le monde des cosmétiques. Un univers décrié en raison de scandales sanitaires et notamment de la présence dans ces produits de perturbateurs endocriniens ou encore de substances cancérogènes.

En outre, à l’instar du secteur de la mode, les grandes marques de cosmétiques sont pointées du doigt pour leur impact écologique. En raison des matières et procédés utilisés, des nombreux emballages ou encore des substances émises dans l’eau lors du rinçage, et qui abîment directement les écosystèmes aquatiques. L’industrie cosmétique fait ainsi face à 3 grands défis pour réussir sa transition écologique.

cosmétique crème plantes


3 éléments pour la transition écologique des marques cosmétiques

Pour que le secteur des cosmétiques puisse réussir sa transition écologique, il lui faut d’abord se tourner vers des principes de conception des produits et des emballages qui soient différents. Il existe principalement 3 axes sur lesquels l’industrie doit s’orienter en priorité.

Utiliser des ressources naturelles et durables

Le premier axe, c’est évidemment d’utiliser au maximum des produits naturels. Mais ce faisant l’industrie doit surtout favoriser en priorité l’utilisation durable de ces ressources : travailler avec des matières à faible impact environnemental, utiliser des ingrédients naturels et biodégradables… mais aussi réduire le nombre d’ingrédients. Côté culture, certaines entreprises travaillent sur des procédés de culture hors-sol, comme l’hydroponie qui sont moins consommateurs en ressources. Il existe également une marge de progression sur ce qu’on appelle la “chimie verte” pour mettre en place des procédés d’extraction durables.

Mettre en place l’éco-conception des emballages

Ensuite, c’est d’aller travailler sur l’éco-conception et la création d’emballages plus responsables : améliorer leur recyclabilité et en réduire la taille et le poids. Pour exemple, la marque Guerlain a pour objectif d’atteindre 100% de produits éco-conçus d’ici 2020. Et rien qu’en réduisant la taille de ses coffrets parfums de 15%, elle économise 35 tonnes de carton par an. La marge de progression semble donc conséquente. L’idéal, c’est évidemment de s’orienter la vente de recharges et tendre vers le zéro déchet.

Développer les principes de l’économie circulaire

L’industrie de la mode vient récemment d’acter un premier pacte pour réduire l’impact environnemental du secteur. Il implique la collaboration entre entreprises pour développer notamment l’économie circulaire : faire en sorte que les déchets des uns puissent devenir les ressources des autres. Un système réplicable également pour le monde des cosmétiques. D’autant que de jeunes entreprises commencent à investir le créneau des produits bios, sains et zéro-déchet. Avec un engouement qui ne se dément pas.

cosmétique laboratoire


De jeunes start-up françaises engagées dans la mouvance des cosmétiques bio

Afin d’orienter les consommateurs vers les produits les meilleurs pour l’environnement et leur santé, de nombreuses marques font aujourd’hui certifier leurs produits par des organismes. Il existe par exemple le référentiel des cosmétiques écologiques et biologiques Ecocert ou encore le référentiel Ecolabel européen. Et puis bien sûr, il y a les applications mobiles comme Yuka, Clean Beauty ou encore QuelCosmetic, l’application de l’UFC-Que Choisir. Ces applications utilisent généralement le référentiel INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients).

Cet engouement pour la transparence et les produits sains amène de nouveau acteurs à venir titiller une industrie très installée. Il existe ainsi des marques récentes qui se sont lancées avec pour objectif de faire bouger les lignes plus rapidement (peut-être) que les grandes marques. Du shampoing en vrac aux cosmétiques pour femmes enceintes, nous en avons référencé quelques unes ancrées sur ces sujets.


CoZie, le pionnier du zéro-déchet pour les cosmétiques

cozie vente vrac cosmétique

CoZie est une marque française de cosmétiques bio et zéro déchet. Une entreprise engagée dans l’économie circulaire qui a mis en place un système de consigne pour récupérer ses contenants. Elle va plus loin désormais en commercialisant ses produits dans les épiceries vrac grâce à sa propre machine, la “DoZeuse”. Une première en France.

👉 Lire notre article sur CoZie


Joone, produits d’hygiène et cosmétiques bio

les couches bio de la marque Joone

La promesse de Joone est de produire des couches saines sans lotion, sans chlore, glyphosate ou autres perturbateurs endocriniens. Le tout Made in France, et uniquement disponibles sur Joone.fr. La jeune start up s’est ainsi hissée en tête du classement 2018 du test de couches bébé de 60 Millions de consommateurs grâce à la qualité de son produit phare. Elle propose aussi des cosmétiques bio et naturels pour femmes enceintes, notés 100/100 sur Yuka. Un score difficile à battre.

👉 Lire notre interview de Carole Juge-Llewellyn, fondatrice de Joone


Respire, le déodorant respectueux du corps et de l’environnement

respire déodorant naturel

Respire est une marque de soins, sains et naturels, avec comme 1er produit, un déodorant roll-on totalement clean. Jeune entreprise nouvelle sur le marché, le lancement des déodorants Respire a eu lieu en novembre 2018 via un crowdfunding qui a connu un joli succès commercial : plus de 21 000 déodorants vendus en un mois.



LAO, shampoing écolo et vente en vrac

LAO shampoing

LAO est un projet récent qui vise à créer une gamme de shampoings écologiques (grâce à des produits naturels, bio et sans sulfates) et éco-conçus. Afin d’aller plus loin, la jeune entreprise souhaite distribuer ses produits dans une logique zéro-déchet en proposant notamment aux salons de coiffure des fontaines à shampoing ou en passant par des magasins bio et de vente en vrac. Repéré après grâce à leur participation à la finale mondiale de Startupweekend, la jeune start-up devrait lancer ses produits d’ici la fin de l’année.



Guillaume Joly. @guitjoly

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