la wagabox de waga energy
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Waga energy, le biométhane comme source d’énergie verte- 5 minutes de lecture

Waga Energy valorise les déchets en énergie grâce à la transformation du biogaz des décharges en biométhane. Une énergie renouvelable qui s’inscrit particulièrement bien dans le cadre du développement de l’économie circulaire.


Waga Energy propose une solution qui permet la production d’un biométhane pur à plus de 98 % à partir du biogaz des décharges. Grâce à sa Wagabox (une unité d’épuration du biogaz), la start-up grenobloise valorise ainsi l’énergie contenue dans les matières organiques des déchets. Leur solution s’installe dans les décharges et se branche directement aux tuyaux de collecte de biogaz. Le biométhane qu’elle produit est ensuite injecté dans les réseaux gaziers afin d’alimenter les ménages.

Il s’agit donc de produire une énergie verte grâce à l’utilisation de nos déchets. Avec les déchets d’une ville de 100 000 habitants, une Wagabox peut injecter dans le réseau 25 GWh de biométhane par an. Cela représente de quoi alimenter environ 3 000 ménages en gaz. De quoi séduire les collectivités et les industriels.

Le biogaz produit par fermentation naturelle des matières organiques est transformé en biométhane, une énergie propre similaire au gaz naturel.


Le biogaz issu des déchets : 5% des émissions mondiale de gaz à effet de serre

Cette solution innovante est née d’un long travail de R&D. Près de 10 ans de recherche pour être exact. Le projet démarre à partir de 2007 dans les bureaux de la société Air Liquide. Mathieu Lefebvre, Nicolas Paget et Guenaël Prince travaillent là-bas. Leurs recherches portent sur la valorisation des gaz émis par les décharges ménagères. Il faut dire que le biogaz issu des sites d’enfouissement provoque près de 5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Cependant, en 2013 le groupe Air Liquide décide de mettre en veille ce projet. À l’époque, il n’est plus en ligne avec la stratégie globale de l’entreprise. Les 3 ingénieurs refusent d’abandonner le bébé. Ils sont alors rejoints par Benoit Lemaignan et fondent Waga Energy (Wasted Gas Energy). Les 4 entrepreneurs finalisent ensuite la mise au point de leur solution, la Wagabox. Cette unité d’épuration qui mesure entre 200 et 600 mètres carrés à vocation à transformer le biogaz des décharges en biométhane. Celui-ci est suffisamment pur pour être directement réinjecté dans les réseaux.

Depuis 2017, le produit est opérationnel et équipe déjà six décharges en France. Waga Enery ne s’arrête pas là. L’entreprise crée le lien entre les opérateurs d’installations de stockage de déchets et les énergéticiens. Par exemple, sur le site de Saint-Palais (dans le Cher) Veolia a financé le raccordement de son site au réseau de gaz pour accueillir une Wagabox. Waga Energy purifie le gaz que Veolia lui vend, l’injecte dans le réseau de GRDF, et le revend à un énergéticien qui se charge de le commercialiser auprès des particuliers et des entreprises.

Pour la start-up, il s’agit d’une action gagnant-gagnant. Si une collectivité ou une société indépendante gère l’infrastructure, elle perçoit un pourcentage sur le chiffre d’affaires réalisé. Six Wagabox sont en exploitation aujourd’hui. La société grenobloise devrait en mettra trois autres en service en 2019. Elle vise ainsi à devenir l’un des principaux producteurs de biométhane en France.

Le biométhane peut être utilisé comme combustible, pour produire de la chaleur ou comme carburant


Le biométhane, une énergie verte qui attire les industriels

La quantité de déchets devrait tripler au niveau mondial d’ici 2050. Cela s’explique par la croissance démographique et l’urbanisation croissante de nos sociétés. Or aujourd’hui, l’essentiel de l’énergie consommée vient des énergies fossiles. En France par exemple, c’est 85% de l’énergie consommée qui est produite grâce au pétrole ou au gaz. L’électricité ne représente que 15% de la consommation.

Pour sortir de cette dépendance aux énergies fossiles, la valorisation des gaz issus des déchets est une manne essentielle. Ce biogaz s’obtient naturellement par fermentation de matières organiques en l’absence d’oxygène. Ces matières sont généralement des déchets verts, des ordures ménagères, des déchets agricoles et agroalimentaires. Pour être injecté dans les réseaux gaziers, le biogaz doit être épuré. C’est à dire débarrassé de ses impuretés. Il est alors transformé en biométhane.

Trois étapes successives d’épuration sont nécessaires pour transformer le biogaz en biométhane : la décarbonatation pour enlever le CO2, la désulfuration pour retirer le sulfure d’hydrogène et la déshydratation pour retirer l’eau. Dans le cas de Wagabox, s’y ajoute une étape de distillation à température cryogénique pour séparer le méthane de l’oxygène et de l’azote présents dans le gaz des décharges.On obtient ainsi un gaz qui possède des propriétés semblables au gaz naturel. Il peut être utilisé comme combustible, pour produire de la chaleur, de l’électricité ou comme carburant. À l’heure où la France se cherche en matière d’énergies renouvelables, le biométhane est une opportunité plus qu’intéressante.

Il s’agit d’une énergie qui intéresse particulièrement les industriels français. Notre territoire semble en effet très adapté à cette pratique. Ainsi, début novembre 2018, la directrice générale d’ENGIE annonçait que 800 millions d’euros seraient mobilisés par le groupe dans les 5 prochaines années pour développer les gaz verts. Ces fonds doivent servir à atteindre l’objectif inscrit dans la Loi de transition énergétique pour la croissance verte de 10 % au moins de gaz vert injecté dans les réseaux à horizon 2030.


Guillaume Joly. @guitjoly

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