la wagabox de waga energy
Energies

Waga energy, le biométhane comme source d’énergie verte

Waga Energy valorise les déchets en énergie grâce à la transformation du biogaz en biométhane. Une solution qui pourrait permettre de “verdir” le mix-energétique français.


Waga Energy propose une solution qui permet la production d’un biométhane pur à plus de 98 %. Grâce à sa Wagabox (une unité d’épuration du biogaz), la start-up grenobloise valorise ainsi les déchets en énergie. Leur solution s’installe dans les décharges et se branche directement aux tuyaux de collecte de biogaz. Le biométhane qu’elle produit peut ensuite être réintroduit dans les réseaux gaziers afin d’alimenter les ménages.

Il s’agit donc de produire une énergie verte grâce à l’utilisation de nos déchets. Avec les déchets d’une ville de 100 000 habitants, une Wagabox peut injecter dans le réseau 25 GWh de biométhane par an. Cela représente de quoi alimenter environ 3 000 ménages en gaz. De quoi séduire les collectivités et les industriels.

Le biogaz obtenu par fermentation des déchets est transformé en biométhane, une énergie propre similaire au gaz naturel.

Le biogaz issu des déchets : 5% des émissions mondiale de gaz à effet de serre

Cette solution innovante est née d’un long travail de R&D. Près de 10 ans de recherche pour être exact. Le projet démarre à partir de 2003 dans les bureaux de la société Air Liquide. Mathieu Lefebvre, Nicolas Paget et Benoit Lemaignan travaillent là-bas. Leurs recherches portent sur la valorisation des gaz émis par les décharges ménagères. Il faut dire que le biogaz issu des déchets organiques en décomposition provoque près de 5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Cependant, en 2013 le groupe Air Liquide décide de mettre en veille ce projet. À l’époque, il n’est plus en ligne avec la stratégie globale de l’entreprise. Les 3 ingénieurs refusent d’abandonner le bébé. Ils sont alors rejoints par Guénaël Prince et fondent Waga Energy (Waste and Gas Energy). Les 4 entrepreneurs finalisent ensuite la mise au point de leur solution, la Wagabox. Cette unité d’épuration qui mesure entre 200 et 600 mètres carrés à vocation à transformer le biogaz en biométhane. Elle permet à celui-ci d’être ensuite réinjecté dans les réseaux.

Lire aussi : quel est le poids des énergies renouvelables en France ?

Depuis 2017, le produit est opérationnel et équipe déjà plusieurs décharges en France. Waga Enery ne s’arrête pas là. L’entreprise crée le lien entre les opérateurs d’installations de stockage de déchets et les énergéticiens. Par exemple, sur le site de Saint-Palais (dans le Cher) Veolia a pris en charge l’infrastructure pour accueillir une Wagabox. Waga Energy purifie le gaz que Veolia lui vend et le revend purifié à GRDF, qui s’occupe de l’injecter dans son réseau.

Pour la start-up, il s’agit d’une action gagnant-gagnant. Si une collectivité ou une société indépendante gère l’infrastructure, elle perçoit un pourcentage sur le chiffre d’affaires réalisé. Trois Wagabox sont en exploitation aujourd’hui. La société grenobloise devrait en mettre quatre autres en service au début de l’année. Elle vise ainsi à devenir le principal producteur de biométhane en France.

Le biométhane peut être utilisé comme combustible, pour produire de la chaleur, de l’électricité ou comme carburant

Le biométhane, une énergie verte qui attire les industriels

La quantité de déchets devrait tripler au niveau mondial d’ici 2050. Cela s’explique par la croissance démographique et l’urbanisation croissante de nos sociétés. Or aujourd’hui, l’essentiel de l’énergie consommée vient des énergies fossiles. En France par exemple, c’est 85% de l’énergie consommée qui est produite grâce au pétrole ou au gaz. L’électricité ne représente que 15% de la consommation.

Pour sortir de cette dépendance aux énergies fossiles, la valorisation des gaz issus des déchets est une manne essentielle. Ce biogaz s’obtient naturellement par fermentation de matières organiques en l’absence d’oxygène. Ces matières sont généralement des déchets verts, des ordures ménagères, des déchets agricoles et agroalimentaires. Pour être injecté dans les réseaux gaziers, le biogaz doit être épuré. C’est à dire débarrassé de ses impuretés. Il est alors transformé en biométhane.

Trois étapes successives d’épuration sont nécessaires pour transformer le biogaz en biométhane : la décarbonatation pour enlever le CO2, la désulfuration pour retirer le sulfure d’hydrogène et la déshydratation pour retirer l’eau. On obtient ainsi un gaz qui possède des propriétés semblables au gaz naturel. Il peut être utilisé comme combustible, pour produire de la chaleur, de l’électricité ou comme carburant.

Il s’agit d’une énergie qui intéresse particulièrement les industriels français. Notre territoire semble en effet très adapté à cette pratique. Ainsi, début novembre 2018, la directrice générale d’ENGIE annonçait que 800 millions d’euros seraient mobilisés par le groupe dans les 5 prochaines années pour développer les gaz verts. Ces fonds doivent servir à atteindre l’objectif inscrit dans la Loi de transition énergétique pour la croissance verte de 10 % au moins de gaz vert injecté dans les réseaux à horizon 2030.


Guillaume Joly. @guitjoly

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