JHO, pour Juste et Honnête, est une marque Nantaise qui propose des protections hygiéniques féminines en coton bio. Un projet lancé par Coline Mazeyrat et Dorothée Barth, via le start up studio Imagination Machine, de l’entrepreneur américain Rob Spiro. Une rencontre qui a tout changé pour les deux jeunes femmes venues d’horizons différents : l’une est spécialiste du marketing digital et l’autre ancienne journaliste santé. “Ça a été une rencontre coup de coeur, on a commencé à travailler sur le projet en septembre 2017 et en avril 2018, on démarrait officiellement l’activité” précise Coline Mazeyrat. Un lancement à point nommé car, au même moment, l’ANSES confirmait dans un avis largement relayé par les médias la présence de résidus “potentiellement toxiques” dans les tampons et protections féminines.

Des informations déjà dénoncées deux ans auparavant par l’association 60 millions de consommateurs, qui mettait en garde contre la présence, par exemple, de pesticides comme le glyphosate dans les tampons et serviettes. De quoi inquiéter sachant qu’une femme utilise en moyenne 11 000 tampons au cours de sa vie. Face à ce scandale et à l’inertie des principales marques du marché, JHO se positionne donc comme une alternative responsable en ne proposant que des produits garantis 100% bio…

Vraiment ? “Si la majorité de nos produits sont en coton 100% bio, nous avons encore une référence parmi notre assortiment de tampons digitaux qui ne l’est qu’à 97,5%, mais on explique pourquoi à nos utilisatrices” précisent les fondatrices. Cette volonté de transparence dans la communication de la marque, c’est d’ailleurs un point essentiel aux yeux des deux entrepreneures. Elles précisent d’ailleurs sur leur site où et comment sont fabriqués leurs produits (en l’occurrence, en Espagne) et mettent en avant l’aspect recyclé et recyclable de leurs emballages. Idem pour la mise en avant des certifications (GOTS et ICEA), qui doivent garantir l’origine bio du coton. Une première étape qu’elles vont renforcer dans les mois qui viennent “Nous allons prochainement publier et vulgariser les résultats des tests toxicologiques effectués sur nos produits” précise ainsi Coline Mazeyrat. Mais pas question, cependant, d’en faire trop sur le sujet. “Nos produits, c’est du coton bio, on ne matraque pas là-dessus en matière de communication car pour nous, cela va de soi, c’est notre modèle”

Une marque à impact contre la précarité menstruelle

Ainsi, la marque préfère faire parler d’elle autrement, d’abord grâce à une communication décalée pour briser un certain tabou lié aux règles. Ensuite, c’est surtout leur engagement solidaire que Coline Mazeyrat et Dorothée Barth mettent en avant. “On reverse 2% de notre chiffre d’affaires à des ONG qui oeuvrent pour des femmes en situation de précarité, notamment dans des camps de réfugiés”. Un projet qui leur tient à coeur. En un an, ce sont près de 30 000 € qui ont ainsi été reversé par JHO. Un montant juste et honnête, mais aussi conséquent pour une jeune entreprise. Cependant, il s’agit là d’un bel exemple de ces jeunes marques qui mettent l’impact positif – social ou environnemental – au coeur de leur modèle économique.

Et cela marche. D’ailleurs, après une levée de 400 000 €, notamment auprès de Business Angels Nantais, les deux jeunes femmes sont actuellement en train de boucler une seconde levée d’environ 1M€. Une étape qui leur permettra de franchir de nouveaux paliers, c’est à dire élargir leur gamme et leurs points de distribution. Si l’essentiel des ventes se fait aujourd’hui sur Internet, à la carte ou via un système d’abonnement sans engagement, les deux fondatrices sont également en discussion avec des enseignes de distribution bio et des concept stores pour toucher plus directement leurs clientes à partir de l’année 2020. 

Un article réalisé en partenariat avec Com&Médias 

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