Happyculteur
Agriculture et Alimentation

Happyculteur veut former et sensibiliser à l’apiculture urbaine- 4 minutes de lecture

L’association Happyculteur vise à ramener de la biodiversité en ville en formant et en accompagnant le développement des projets d’apiculture urbaine.


Saviez-vous que les abeilles se sentent mieux en ville qu’à la campagne ? C’est une des spécificités de notre temps. Dans les zones urbaines, la température est généralement plus élevée de quelques degrés. On y retrouve aussi une plus grande variété de fleurs et, enfin, on y retrouve à l’heure actuelle beaucoup moins de pesticides que dans les zones rurales. Des facteurs qui plaisent à nos meilleures amies. Le taux de mortalité des abeilles est ainsi quatre fois moins élevé en ville (entre 5% et 10%) qu’à la campagne.

Un constat qui encourage à développer la pratique de l’apiculture en ville. Ainsi, en 2016, à l’occasion d’un start up week-end orienté Foodtech, Leena Radjibaly et Rémi Santiago se lancent dans la création d’Happyculteur. Fort de ces données, ils veulent démocratiser le développement de l’apiculture urbaine et encourager à cette occasion le développement de la biodiversité en ville. Une manière de préserver une espèce en danger, de soutenir une filière qui s’effondre, et d’assurer la production d’un miel qui peut être vendu en circuit-court.

Rémi co-fondateur Happyculteur
Rémy Santiago, co-fondateur d’Happyculteur


Sensibiliser et former à l’apiculture urbaine

Les deux jeunes fondateurs d’Happyculteur imaginent alors un programme permettant de former à l’apiculture. Un programme qui s’inscrit dans le cadre du développement de l’agriculture urbaine et alors que l’installation de ruches est en hausse continue dans les villes. Transformé en association, le projet repose aujourd’hui sur une équipe de 12 personnes et de nombreux partenaires.

Happyculteur axe son travail sur deux piliers : sensibiliser et former à l’apiculture. Pour cela, l’association travaille avec des ruches partenaires installées par exemple à la Bellevilloise, à la Rotonde ou encore à la Fondation GoodPlanet. Ces ruches donnent lieu à des ateliers où il est question de transmettre les fondamentaux de l’apiculture et d’apprendre aux participants – des groupes de 8 à 10 personnes – les enjeux de l’apiculture en ville.

L’autre activité de l’association, c’est la HappyAcadémie, une école pour former au métier d’apiculteur urbain. Cette année, l’école accueillait sa seconde promotion, une équipe de 16 personnes, afin de leur apprendre les rudiments du métier, mais aussi les spécificités qui vont avec la pratique. Car c’est bien beau de mettre des ruches partout, mais il faut aussi savoir respecter la nature et ses équilibres.

formation apiculture happyculteur
Atelier d’initiation à l’apiculture


Favoriser une apiculture accessible et raisonée

Car si les abeilles se plaisent en ville, c’est également le cas des autres pollinisateurs. Et les abeilles domestiques, si elles empiètent sur le territoire de leur cousine les abeilles sauvages et autre bourdons, peuvent déséquilibrer des espèces qu’il faut aussi préserver. Un déséquilibre qu’on retrouve également à l’inverse. Il n’y a par exemple pas assez de fleurs à Paris pour subvenir aux besoins des abeilles qui y vivent. Un paradoxe qui était l’objet d’une opération menée conjointement par Happyculteur avec le collectif Merci Raymond cette année afin de refleurir Paris.

L’association déborde ainsi de projets et cherche notamment à ouvrir une seconde école dans les mois à venir. Un lieu qui pourrait accueillir en plus une miellerie collaborative et un atelier. Elle cherche également des fonds afin de recruter et de développer une plateforme de mise en relation entre apiculteurs et citadins. Sur le principe du cojardinage, cette plateforme permettrait aux personnes qui disposent d’un espace suffisant d’accueillir des ruches chez eux, gérées par un apiculteur. Une manière collaborative et ludique de développer la pratique.

Le taux de mortalité des abeilles est extrêmement élevé, de 30% à 50% en France ces dernières années. En cause, les pesticides, mais aussi le frelon asiatique ou encore le varroa destructor. Résultat, la production française est passée de 32 000 tonnes en 1995 à moins de 10 000 tonnes en 2017. Ce qui pousse de nombreuses startup à venir en aide à la filière apicole, comme c’est le cas de Bee2Beep et de Beelife. Pour rappel, environ 75% de la production mondiale de nourriture dépend des insectes pollinisateurs. Il est donc nécessaire de tout mettre en oeuvre pour les préserver.


Guillaume Joly. @guitjoly

Crédits photos : William Bibet

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