un steak à base de farine d'insecte
Agriculture et Alimentation

Quelles sont les tendances Foodtech à suivre en 2019 ?- 6 minutes de lecture

Blockchain, nutrition personalisée, nouvelles protéines : petit tour d’horizon des tendances foodtech à ne pas rater en 2019.  


La foodtech, c’est la technologie au service d’une meilleure alimentation. Elle regroupe plusieurs thématiques :  la vente et la livraison, les services aux restaurateurs, les apps et sites de coaching ou de nutrition. On y retrouve aussi à la marque les médias comme marmiton où encore ce qu’on appelle la foodscience, un pan de la foodtech qui vise à réinventer l’alimentation via la chimie ou les biotechnologies.

La foodtech et l’agtech (l’innovation pour l’agriculture) font preuve d’un fort dynamisme en France, grâce à des entrepreneurs talentueux et un patrimoine historique majeur sur ces enjeux. Parmi toutes les innovations qui se développent sur le territoire, nous avons isolé 3 tendances foodtech à suivre en 2019 : La blockchain alimentaire ; la nutrition personnalisée et le développement des nouvelles protéines. 


Tendance N°1 – La blockchain alimentaire

Les consommateurs sont de plus en plus sensibles à la question de la qualité de leur alimentation. Cette tendance s’explique en partie par les nombreux scandales qui ont touché le secteur de l’agro-alimentaire ces dernières années. De la vache folle au friponil en passant par le lait contaminé. Une problématique émerge de ce constat : comment rassurer le consommateur sur la qualité des produits qu’il achète ?  

C’est là qu’intervient la blockchain alimentaire. La blockchain est présentée depuis quelques années comme une révolution technologique. Elle a notamment permis aux crypto-monaies de se développer en garantissant toute la chaîne de création des bictoins. Elle pourrait également permettre de garantir au consommateur toute la chaîne d’approvisionnement de ses aliments. Un maillon technologique complémentaire à ce qui existe aujourd’hui sur le marché, où l’on retrouve des initiatives comme ce que propose la start-up Biotraq : utiliser la data pour garantir la qualité des aliments du champ à l’assiette.

Grâce à la Blockchain alimentaire, le consommateur pourrait identifier facilement toutes les parties prenantes ayant participé à la conception du produit. Cette traçabilité offre une véritable transparence sur l’origine et la qualité des aliments. Mais elle permet également de réduire les risques sanitaires en remontant plus facilement la chaîne en cas de problème. Aujourd’hui, de grands groupes comme Carrefour travaillent sur ces problématiques avec des acteurs innovants comme IBM. Des start-up comme Ethickchain ou connecting-food proposent également des applications utilisant cette technologie. 

Ces applications devraient se démocratiser dans un avenir proche et permettre à de jeunes entreprises innovantes de se rapprocher des industriels et grandes entreprises de l’agro-alimentaire qui ont besoin d’apporter de la transparence et de la visibilité aux consommateurs

Seconde tendance Foodtech : des applications mobiles comme Yuka ou Foodvisor permettent aux consommateurs de mieux orienter leur alimentation


Tendance N°2 – La nutrition personnalisée 

De plus en plus de consommateurs font désormais appel à la technologie afin de choisir une “meilleure” alimentation. Il faut dire que depuis quelques années, la tendance est aux régimes spécifiques. On en dénombre une multitude : sans gluten, sans lactose, vegan, végétarien ou encore flexitarien. Au delà de ces régimes, les nombreux scandales sanitaires liés à l’alimentation poussent de nombreux consommateurs à chercher une nutrition qui leur convient, saine et personnalisée.

En conséquence un besoin grandissant de savoir précisément ce qu’on ingère, d’en connaitre la qualité, l’impact que ces aliments ont sur la santé. Aussi, des applications permettant de connaître la composition des aliments ont émergé, comme par exemple Yuka ou Foodvisor. Elles orientent et encouragent certaines pratiques en fonction des choix souhaités par leurs utilisateurs. 

Mais si l’on va plus loin, la technologie pourrait-elle permettre de prédire de façon personnalisée ce dont chaque individu à besoin en fonction de ses caractéristiques ? Après tout, chaque personne réagit en fonction de son génome et de son métabolisme. D’ailleurs, des programmes de nutrition sur-mesure existent déjà pour les sportifs de haut-niveau par exemple. Aussi, plusieurs start-up souhaitent démocratiser cet usage au grand public. Une pratique qui nécessite de faire entrer la science dans notre alimentation, et notamment de travailler sur des tests ADN.

Dans les faits, c’est assez compliqué en France car il est interdit de procéder à la commercialisation de tests ADN. Mais il existe d’autres manières d’envisager une alimentation sur-mesure, comme l’analyse de microbiotes. Et puis il y a par exemple des start-up qui mettent en place des programmes basés sur d’éventuelles carences en vitamines. D’autres, comme Feed qui développent des “repas” en barre ou liquides garantissant 100% des apports nutritionnels recommandés. Bref, la tendance aux sites et applications de nutrition personnalisée est un marché en plein essor.

élevage d'insectes
Troisième tendance Foodtech : les insectes comme alternative aux protéines issues de la viande d’élevage


Tendance N°3 – Les nouvelles protéines

Pour terminer sur les tendances foodtech à suivre cette année, nous vous invitons à regarder de près l’apparition de ce qu’on appelle les “nouvelles protéines”. Ce mouvement fait suite à deux considérations. La première, c’est que l’élevage intensif n’est plus viable en l’état. Surtout, l’augmentation de la population et l’urbanisation croissante des terres au détriment des pâturages pose un sacré paradoxe : comment produire davantage dans moins d’espace ? 

La question du bien-être animal et du bien-fondé de la consommation de viande est un phénomène avec lequel il faut composer. Mais puisque nous aurons toujours besoin de protéines et que les légumineuses ne peuvent pas constituer l’unique solution, il faut alors se tourner vers d’autres alternatives. Ces alternatives se nomment insectes et algues. Elles sont consommées depuis des siècles voire des millénaires un peu partout, mais pas en Occident. Enfin, plus en Occident. Les années qui viennent seront celles du grand retour de ces aliments dans nos assiettes. 

L’idée n’est pas forcément de manger des algues ou des insectes aussi crument que cela. Il est possible par exemple de produire des steaks à base de farine d’insectes comme le propose la start-up les fruits de terre. Les algues peuvent servir également de compléments alimentaires. Cependant les apports nutritif de ces deux aliments sont extrêmement intéressants au regard de leur coûts de production. Par ailleurs, ces aliments sont compatibles avec tous les régimes alimentaires et devraient donc pouvoir toucher une large audience dans les prochaines années. 

A titre d’exemple, la start-up Ÿnsect vient de lever 110 millions d’euros le 21 février 2019 pour industrialiser sa production. Elle va ainsi concevoir une véritable ferme à insectes en région parisienne afin de produire 20 000 tonnes de protéines par an. Ces protéines alternatives seront destinées au marché de l’alimentation animale.

un steak à base de farine d'insecte, tendance de la foodtech
La conception de steaks à base de farine d’insectes sera une des tendances food de 2019 – Photo : les fruits de terre


Voilà, c’était notre tour d’horizon des tendances foodtech à ne pas manquer en 2019. Et si vous pensez que d’autres alternatives devraient émerger à ce sujet, n’hésitez pas à nous contacter pour en parler.


Guillaume Joly. @guitjoly

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