des capteurs de la start-up weenat
Agriculture et Alimentation

Weenat, la précision à portée des agriculteurs

La start-up nantaise Weenat fournit des solutions d’aide à la décision basées sur des capteurs connectés qui analysent paramètres du sol et données météo.


Weenat est une start-up apparue sur le marché en 2014 avec un produit innovant : un pluviomètre connecté.  L’appareil mesure la pluviométrie, l’humidité et la température de l’air. Il permet ainsi d’adapter le travail des agriculteurs en fonction de ces données. Et donc d’être plus pertinents et plus précis dans leurs actions. 

Cette mouvance, l’agriculture de précision, c’est une des grandes tendances de l’Agtech qui se développe actuellement. Un principe de gestion des parcelles agricoles qui vise l’optimisation des rendements et des investissements de la même manière que cela se pratique dans d’autres industries. 

L’agriculture de précision, rouage essentiel de la production agricole 

En effet, si les entreprises du tertiaire regorgent de logiciels d’aide à la décision en tout genre afin de piloter leurs activités, le monde agricole a longtemps été mis à l’écart de cette révolution technologique. 

Mais cette période est révolue. Le développement des technologies d’imagerie par satellite, de géolocalisation, de captation et traitement de données en temps réel permet aujourd’hui d’améliorer considérablement la production agricole. Cela permet d’influencer le travail du sol, les semis, la fertilisation, l’irrigation, la protection et la récolte. 

Par exemple, la collecte et le traitement des données météo peut être utilisé pour alimenter des modèles informatiques qui préviennent des risques de maladies (mildiou, septoriose…). Mais aussi des risques météo comme le gel.

Par ailleurs, l’analyse de la santé des sols et des végétaux permet aussi de détecter plus facilement une possible contamination ou la prolifération de microorganismes. In fine, cette optimisation dans le travail quotidien doit permette aux agriculteurs d’augmenter leur productivité ou leurs rendements.

Les capteurs connectés de la société Weenat dans un champs.
la collecte et le traitement des données météo peut être utilisé pour alimenter des modèles informatiques qui préviennent des risques de maladies. Photo : Weenat

Et à l’heure où une transition doit s’opérer entre une agriculture traditionnelle et un modèle n’utilisant plus ou peu d’intrants chimiques, ces technologies devraient avoir un rôle à jouer. 

« Économiser un tour d’eau lors de l’irrigation d’une culture, c’est gagner plusieurs centaines de mètres cubes d’eau, éviter un traitement sanitaire coûteux, réduire l’impact environnemental, améliorer la productivité et donc la rentabilité des exploitations… » Jérôme Le Roy, cofondateur de Weenat.

Evidemment, cela nécessite des investissements en terme d’équipements que tous les producteurs ne sont pas forcément capables d’assumer. Mais l’offre de solutions technologiques tend à se développer à un point tel que ces outils sont aujourd’hui plus matures et plus faciles d’utilisation. 

Weenat, la data au service des agriculteurs

Située au coeur de Nantes, Weenat emploie aujourd’hui une vingtaine de salariés. L’entreprise commercialise toujours son pluviomètre connecté dont une nouvelle version vient d’ailleurs de sortir ces derniers jours. 

Un produit crée pour répondre à un besoin précis. Il faut savoir que la pluviométrie peut parfois aller du simple au double d’une parcelle à l’autre au sein d’une même exploitation agricole. 

Mais la start-up ne s’est pas arrêtée là. Elle propose aujourd’hui 8 types de capteurs différents permettant un large éventail d’applications. L’entreprise permet par exemple de suivre la météo en temps réel sur chaque parcelle afin d’ajuster les interventions.

A lire aussi : Avec Ponchon, les maraichers ont leur robot

Une station météo connectée produite par la start-up weenat.
La start-up propose aujourd’hui 8 types de capteurs différents permettant un large éventail d’applications. Photo : Weenat

Elle propose aussi des capteurs qui permettent d’ajuster l’irrigation. Des quantités d’eau optimales en fonction des besoins de la culture et de la teneur en eau du sol sont ainsi proposées par l’application. D’autres capteurs vont proposer des traitements phytosanitaires ajustés pour protéger les plantes des maladies où des agresseurs

Leurs solutions sont adaptables à tout type de grandes cultures (pommes de terre, betteraves, céréales, maïs, viticulture, arboriculture…). Chacun de ces capteurs est relié à une application mobile qui offre aux agriculteurs la possibilité de suivre et d’être alerté le plus facilement possible. Il sont également accompagnés au quotidien par des agronomes de chez Weenat en cas de besoin.

Aujourd’hui, la start-up a installé plus de 2 000 de ses capteurs en France et à l’étranger (pour un chiffre d’affaires de 1 million d’euros en 2017) et continue son développement.

Membre fondateur de l’association La Ferme Digitale – qui regroupe les acteurs français de l’Agtech – l’entreprise nantaise entend bien exporter l’expertise française en terme d’ingénierie agricole à l’étranger. 


Guillaume Joly. @guitjoly

Dans la même rubrique