L’accès universel à l’énergie est, de nos jours, un levier essentiel pour le bien-être d’une économie et plus largement d’une société. Pour les pays en développement, c’est même un impératif. Or, face à l’urgence climatique, l’utilisation d’énergies renouvelables ou bas-carbone devient urgente pour ces pays afin de leur permettre un développement économique et social qui soit en phase avec l’environnement.

Selon les chiffres de l’IRENA, la capacité de production d’énergie renouvelable en 2020 a considérablement augmenté à travers le monde pour atteindre 2 799 GW à la fin de l’année. Ces chiffres – bien au-dessus de la tendance à long terme. Des chiffres encourageants mais largement portés par le développement de la Chine en la matière. De fait, la transition énergétique représente un enjeu de premier plan pour les territoires, riches en ressources et extraordinairement diversifiées, qui composent le continent africain.


Les énergies renouvelables : un booster pour l’emploi sur le continent

Actuellement, près de 70% de la production totale d’électricité du continent Africain provient du charbon, du gaz naturel fossile ainsi que du pétrole. « on demande trop souvent aux gouvernements et aux peuples africains de s’appuyer sur des combustibles fossiles non durables pour alimenter leur développement alors que les solutions d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique offrent d’intéressantes alternatives économiques socialement avantageuses » explique ainsi Francesco La Camera, Directeur Général de l’IRENA.

Dans son rapport “Renewable Energy Analysis: Africa and Its Regions”, l’IRENA – en collaboration avec la Banque africaine de développement- démontre au contraire qu’un système énergétique basé sur des énergies renouvelables pourrait permettre la création, d’ici 2050, de 26 millions d’emplois supplémentaires pour l’ensemble de l’économie du territoire africain par rapport à un développement qui se concentre sur les énergies fossiles.

Des nouveaux emplois – quatre fois supérieur aux emplois traditionnels perdus – qui représentent donc un profit net non négligeable pour les économies régionales. Avec un contexte politique et réglementaire plus favorable, l’IRENA prévoit également que le développement des énergies renouvelables en Afrique pourrait induire une augmentation du PIB du continent de 6,4%.

Cependant, les énergies fossiles attirent encore nettement plus d’investissements que les énergies renouvelables en Afrique. Sachant que la nécessité d’accès à l’énergie dans certaines régions d’Afrique ne cesse de croître – dû à une forte croissance démographique –, obtenir des financements pour privilégier un mix-électrique basé sur les énergies renouvelables est un enjeu de taille.

L’IRENA estime ainsi qu’entre 2000 et 2020, 2,8 milliards de dollars ont été investis dans les énergies renouvelables à l’échelle planétaire. Pourtant, seulement 2 % ont été dédiés à l’Afrique, et moins de 3 % des emplois mondiaux dans ce type de système énergétique se trouvent sur ce continent.

graphique irena sur le déploiement des énergies renouvelables en Afrique


Des partenariats stratégiques pour l’hydrogène vert ?

L’Afrique est dotée de très importantes ressources fossiles qui sont lorgnées par les majors de l’énergie depuis de longues années. Mais le continent africain est aussi caractérisé par son potentiel vis-à-vis des énergies renouvelables, en particulier pour le solaire thermique ou photovoltaïque, pour la géothermie ou encore vis-à-vis de ses ressources hydrauliques. Très récemment, c’est d’ailleurs l’Ethiopie qui a inauguré le barrage hydroélectrique de la renaissance, d’une puissance installée d’environ 5 000 MW. Ce qui en fera le plus puissant barrage hydroélectrique d’Afrique.

Néanmoins, l’approvisionnement électrique reste précaire et inégal entre les régions africaines. En 2018, moins de la moitié de la population avait accès à l’électricité. Aussi, sur l’électricité produite en Afrique cette année-là, seulement 20% provenait de sources renouvelables. Une récente étude portant sur la transition vers les énergies renouvelables en Afrique indique pourtant que ce continent est doté d’une capacité plus que suffisante pour produire de l’énergie renouvelable en réponse à sa future demande. « Les énergies renouvelables, et notamment l’hydrogène vert, pourraient même remplacer les exportations africaines de charbon, de pétrole et de gaz » précise d’ailleurs l’IRENA.

L’Allemagne, par exemple, a signé un partenariat avec la Namibie pour aider le pays à se lancer dans la production d’hydrogène vert, en capitalisant à la fois sur de l’éolien offshore et du solaire photovoltaïque. Ce projet, réaffirmé par le président de la Namibie en marge de la COP26 à Glasgow, vise à faire du pays l’un des principaux producteurs d’hydrogène vert du continent. Un projet qui intéresse également l’Angola, l’Afrique du Sud et le Botswana.

Pour favoriser ce climat de transition, les dépenses publiques – ainsi qu’un panier politique soucieux des ambitions climatiques et environnementales – constituent des leviers déterminants pour accélérer les choses. « La transition offre une opportunité unique à l’Afrique de respecter ses exigences en matière de développement. Grâce à des ensembles de politiques créées sur mesure, les pays africains peuvent exploiter leurs forces et leurs ressources pour surmonter les dépendances structurelles établies depuis longtemps » affirmait Francesco La Camera, Directeur général de l’IRENA.

En plus d’institutions fortes et d’une coordination importante à l’échelle régionale, « la coopération internationale, y compris la coopération Sud-Sud, sera essentielle pour mobiliser des ressources et un savoir-faire à une échelle et à une vitesse proportionnelles aux besoins des économies d’Afrique, de ses communautés et de sa population« . Quant aux investissements, la Banque africaine de développement s’est engagée à aider à hausser les investissements du secteur privé, à partir d’instruments tels que le Fonds pour l’énergie durable en Afrique.


Vers une politique de développement durable

La décarbonation du secteur énergétique mondial va bien au-delà du remplacement des combustibles comme l’a montré l’IRENA dans ses « perspectives mondiales pour les énergies renouvelables : transformation énergétique pour 2050 ». Elle est également bénéfique pour le développement économique de certaines régions et peut contribuer au bien-être d’une société. Le 7ème objectif de développement durable de l’ONU, par exemple, entend faciliter la généralisation de ces perspectives mondiales, ou du moins accompagner le processus de transition énergétique.

Impulsé par la volonté d’une Afrique « pacifique, intégrée et prospère », L’agenda 2063 : l’Afrique que nous voulons ! s’inscrit notamment dans une démarche de transition énergétique. Ce souhait s’illustre à travers la promotion d’une dynamique de développement durable qui propose notamment de remplacer les énergies conventionnelles par des énergies plus modernes, pour une énergie plus propre et accessible.

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