Le bio c’est bon. Et c’est pas ici que vous l’aurez entendu en premier. Le Bio à mis du temps à se faire une place dans nos assiettes. Mais il s’élance désormais dans les chaumières françaises à la vitesse de buzz l’éclair.

En France aujourd’hui, la demande est en telle croissance que le gouvernement s’est fixé l’objectif d’atteindre 15 % de surfaces bio en 2022, soit multiplier par 2,3 l’existant. Du jamais fait précédemment.

Il faut dire qu’entre 2011 et 2016, le marché alimentaire des produits bio à progressé de 82%. Jusqu’à atteindre en 2017, un total de 8 milliards d’euros de produits bio achetés (restauration comprise).
Alors, le bio c’est bien ? ben oui, mais attention, car ça n’est pas comme le cochon, et tout n’y est pas bon.

«Entre 2011 et 2016, le marché alimentaire des produits bio a progressé de plus de +82 %»

Les fausses idées qu’on se fait du bio

De part son appellation, on est vite tenté de penser qu’un produit bio est « meilleur » au goût et/ou pour la santé et/ou pour la planète et/ou pour les producteurs que son homologue issu de l’agriculture conventionnelle. Il y a de grandes chances que ce soit le cas. Pas toujours. Et de fausses idées concernant les produits bio circulent allègrement.

N°1 : Croire que  Bio = équitable

Parce que oui, au départ, c’est un peu l’idée qui s’est dégagée du truc. Les produits bio sont plus chers, mais dans le plus cher, il y a une juste rémunération des producteurs. Et c’est bien normal. Cependant, on le rappelle, le bio est en croissance. Il est très à la mode. Et donc, on doit en fournir toujours plus pour satisfaire la demande. Et comme partout, l’industrialisation du bio amène son lot de dérives. Et parfois, un produit bio n’est qu’un produit conventionnel sans pesticides. Rien d’autre. Un peu dommage.

N°2 Croire que Bio= meilleure qualité

Et là, c’est plus étonnant (ou pas) mais vous apprendrez si vous l’ignorez que 15% des aliments bio contiennent des pesticides. Bon, on est loin des chiffres de l’agriculture conventionnelle et, en vérité, ces 15% sont très probablement liés à une terre contaminée par le passé, où par le champ du voisin, où par un cours d’eau lui même contaminé en amont. Mais cela reste malgré tout 15%.

N°3 Croire que Bio = Local et de saison

Et c’est faux. D’ailleurs, en France, on importe énormément de Bio. 30% des produits Bio sont importés pour être exact. Et même que d’après le Président de la République, ça coûte de l’argent et qu’il faut régler ça. Alors, ces importations concernent notamment des produits exotiques qu’on ne peut pas faire pousser chez nous. Mais pas que. Ainsi, il n’est pas rare que l’empreinte carbone d’un produit bio soit plus élevée que celle d’un produit issu de l’agriculture conventionnelle. Et en même temps, quand un restaurateur a le choix entre un bio français et un bio espagnol moins cher, comment choisir ?


Faut il améliorer les critères concernant le Bio ?

Eh bien il y a des gens qui pensent que oui. Notamment le CESE (le conseil économique et social) qui aimerait par exemple que le label historique français AB soit recentré sur l’agriculture biologique de proximité, tout en prenant en compte des conditions de commercialisation équitables pour les producteurs. D’après les rapporteurs du texte, «Les consommateurs s’interrogent sur la qualité de l’alimentation et sont demandeurs d’un renforcement de la qualité sanitaire et d’une meilleure traçabilité des produits». Et on est bien d’accord avec ça.

Ils préconisent donc que le label AB soit à la fois Bio, local et équitable. Et qu’il réponde ainsi aux préoccupations des consommateurs. A l’inverse, des produits importés où dont les conditions de productions ne répondent pas aux mêmes exigences de qualité pourraient être vendues comme bio, mais n’auraient le même label de qualité.

Autre sujet, l’amélioration et harmonisation des labels au niveau européen, et notamment pour qu’ils prennent en compte davantage l’aspect RSE dans la production.

Il y a donc une tendance à recentrer les choses pour éviter que le Bio, en se démocratisant dans nos assiettes, subisse les mêmes dérives que l’agriculture conventionnelle.

Quoi qu’il en soit, il semble avoir de beaux jours devant lui.