Au bénéfice d’une actualité récente à la fois riche en annonces et en polémiques, l’énergie éolienne se retrouve – un peu malgré elle – au centre des débats sur la transition énergétique en France. En phase avec les enjeux actuels pour certains, aberration visuelle pour d’autres, la filière doit aujourd’hui relever de nombreux (et nouveaux) défis afin de poursuivre son développement.

Pilier depuis de nombreuses années du mix électrique français, le parc éolien français a atteint 17,6 GW de capacité installée à fin 2020, et 39 685 GW produits en 2020, soit 8,8% de la consommation électrique nationale et une croissance de 17,3% par rapport à 2019. L’éolien est la deuxième source d’énergie renouvelable en France derrière l’hydraulique. C’est aussi une filière bénéficiant de solides perceptives, en particulier l’éolien en mer, le parc français n’étant à date constitué que d’éoliennes terrestres. Le Premier Ministre Jean Castex était à ce sujet en visite à Saint Nazaire il y a quelques jours, afin d’afficher les ambitions du gouvernement pour combler le retard sur l’offshore. Il en a profité pour annoncer le lancement d’un second projet en Normandie, ainsi qu’une enveloppe de 50M€ pour renforcer la connaissance de l’impact des parcs en mer sur la biodiversité.

Mais tout n’est pas gagné pour la filière qui continue donc de faire réagir. Pourquoi existe-t-il une si forte défiance vis-à-vis des éoliennes, comment sont-elles réellement perçues, quelle place pour cette énergie dans le futur ? Nous avons eu l’opportunité d’échanger avec Matthieu Monnier, Adjoint au Délégué Général chez France Energie Eolienne, pour faire le points sur tous ces sujets.





Les Horizons : Pouvez-vous nous présenter votre structure ?

Matthieu Monnier : France Energie Eolienne est depuis 1996 l’association professionnelle de l’éolien terrestre et en mer en France. Nous sommes une quinzaine de salariés à temps plein, et l’organisation est composée de 315 membres actifs sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’éolien. Cela va des constructeurs d’éoliennes, la partie développement et études, la maintenance, les porteurs de projets, les sous traitant industriels, mais aussi les services comme les banques, assurances, avocats…

Quel est votre rôle ?

En tant que représentant de la profession, nous sommes l’interlocuteur privilégié des différentes parties prenantes. Au quotidien on discute des conditions et des objectifs de développement de l’éolien en France avec l’État, au travers des administrations, du gouvernement, du parlement. C’est le cœur de notre démarche. On a également un axe communication qui se développe fortement, notamment ces derniers temps. On observe en effet un fort décalage entre le traitement médiatique sur le sujet et la perception globalement positive ou très positive de l’éolien par les Français.

Ah oui ?

Si vous regardez les enquêtes d’opinion (NDLR : liens en fin d’interview), une grande majorité de français, dont ceux riverains d’un parc éolien, sont favorables à l’éolien terrestre. L’objet de l’éolien est de plus en plus visible médiatiquement, et on constate une opposition qui n’a pas grandi en nombre mais qui arrive à être plus audible aujourd’hui. D’un point de vue juridique, on n’a pas plus de recours qu’avant. En revanche, ces oppositions se sont structurées et organisées, et font appel à des relais d’opinion de personnalités qui s’expriment de manière négative sur le sujet. C’est la tendance qu’on observe aujourd’hui. Et c’est paradoxal car le cadre réglementaire et législatif sur l’éolien ne cesse de se renforcer, avec un cahier des charges toujours plus rigoureux et exemplaire pour les porteurs de projets. 

éoliennes terrestres



Donc la filière progresse, mais la bataille de la communication s’annonce difficile ?

On peut faire le parallèle avec d’autres grands sujets d’actualité. On a une grande majorité favorable et silencieuse, ce qui signifie une bonne acceptation et une bonne conduite des projets. Mais ce n’est pas ce qui intéresse le plus. L’éolien est devenu un objet politique et un marronnier dans le traitement médiatique. Chaque année, on a un dossier à charge contre l’éolien chez certains de vos confrères, avec les mêmes fake news relayées. Et ce, quelque soit l’actualité ou les progrès qui ont été faits.

Par exemple ?

Je vous donne un exemple concret : la fin de vie des éoliennes. Il est indiqué dans la réglementation, donc dans les arrêtés ministériels de prescription générale, l’obligation pour tous les exploitants éoliens en fin de vie, d’excaver complètement les fondations. C’est-à-dire de ne pas laisser de fondations en béton ou en ferraille dans le sol. C’est une pratique qui a existé par le passé, mais cette mesure a été proposée par la profession pour gagner en exemplarité et se mettre en adéquation sur le terrain écologique. Jamais il n’a été fait mention de l’évolution de cette réglementation de la part des médias classés hostiles à l’éolien. De la même manière sur le sujet du recyclage des pales. On va entendre que l’éolien n’est pas écologique car on ne sait pas recycler les pales. Alors qu’on atteint des taux de recyclage des éoliennes jusqu’à 95% ou 98% : il n’y a pas d’équivalent dans les autres filières d’énergie.

Comment vous organisez-vous pour contrer ces idées tenaces ?

Le fait d’être constamment challengés sur ces sujets permet aussi de faire progresser la filière. Ainsi le taux de recyclage des éoliennes passera à 100% d’ici 2025. Mais ces fake news, comme les appellent la ministre de la Transition Écologique, viennent tout de même miner la communication de fond. Plus les médias les relaient, plus l’opinion a l’impression de voir passer beaucoup d’articles attestant que les éoliennes ne sont pas une bonne chose pour l’environnement. Il y a un vrai sujet de fact checking à adresser, ce que font d’ailleurs très bien certains médias qui nous donnent finalement raison sur de nombreux sujets comme la fin de vie, les coûts, les impacts environnementaux etc. On passe un temps fou à debunker et à communiquer positivement, mais ça fait partie du métier. Il n’y a aucun tabou de notre côté sur tous ces sujets.

Les points d’améliorations sont sur la concertation, la communication et la pédagogie.



D’après vous, comment en est-on arrivés à un tel niveau de crispation concernant l’éolien ?

En France le débat sur l’énergie est plutôt récent. On a eu pendant très longtemps un État qui décidait assez largement de son mix énergétique et électrique sans concerter davantage. Aujourd’hui l’énergie est devenue un sujet à l’épreuve de la démocratie. Le mouvement des gilets jaunes en est un parfait exemple, puisque la taxe sur les carburants est un des points de départ de la contestation. Et la Convention Citoyenne pour le Climat une des suites. On a donc une démocratie participative qui prend de l’ampleur. Mais le corollaire c’est qu’on voit l’émergence de courants extrêmes qui accordent une confiance plus limitée dans la parole de l’État. Et ce en plein avènement des réseaux sociaux et de la communication instantanée. La conséquence est que malheureusement toutes les opinions se valent, malgré le fait que certaines ne soient pas fondées. Ce qui rend tout plus compliqué. Ajouté à ceci le fait qu’une éolienne est un objet qui se voit beaucoup, c’est un objet qui structure le paysage, et qui peut donc facilement susciter des oppositions. On essaie malgré tout de recentrer le débat sur les réels atouts de cette filière, et ce qui reste à décarboner dans notre énergie.

Justement, on a un mix électrique déjà très décarboné aujourd’hui en France, quelle est donc la valeur ajoutée d’une énergie comme l’éolien dans ce mix ?

Le mix électrique français est en effet déjà très décarboné. Mais ce qu’on a tendance à oublier le plus souvent, c’est que la consommation d’énergie finale en France reste elle très carbonée, puisque les énergies fossiles représentent plus des deux tiers. Le gaz et le pétrole sont très majoritaires dans les secteurs des transports, de l‘industrie ou du bâtiment. C’est ça l’enjeu aujourd’hui, c’est dans ces secteurs qu’il faut décarboner. L’idée est d’augmenter la part d’électricité dans ces secteurs. C’est ce que RTE explique très bien dans ses derniers rapports sur les hypothèses de mix en 2050. Le débat actuel entre le nucléaire et les énergies renouvelables (EnR) n’a donc aucune raison d’être, dans la mesure où la consommation électrique va augmenter pour venir décarboner des secteurs qui ne le sont pas aujourd’hui. Dans tous les cas, il y a de la place pour toutes les énergies, quelque soit le choix politique qui est fait. 

L’enjeu de la transition d’un point de vue électricité, c’est d’être flexible pour la production et la consommation.



Comment situez-vous la filière par rapport aux autres énergies ?

L’objectif qui doit être partagé par tout le monde, c’est la neutralité carbone à horizon 2050. Pour cela, il n’y a pas d’autres choix que de décarboner notre énergie. De notre côté, on propose donc une feuille de route pour y parvenir. En termes de capacité installée, on s’inscrit dans les scénarios de RTE. L’éolien restera toujours un pilier de cette décarbonation, la question est celle de l’ordre de grandeur. Notre discours n’est pas de se prononcer sur les autres énergies. L’éolien a fait ses preuves en termes de coûts, d’industrie, de retombées socio-économiques. Les points d’améliorations sont sur la concertation, la communication et la pédagogie. Pour nous, les autres EnR sont largement complémentaires de l’éolien. Par exemple avec le solaire, d’un point de vue très macro, il y a plus de vent l’hiver et plus de soleil l’été, cette complémentarité se retrouvant également sur une production journalière.

Quels sont les objectifs de développement et la part visée par la filière dans les futurs mix ?

Il existe des scénarios 100% renouvelables. On les soutient bien entendu même s’ils nous paraissent très ambitieux. Ce que propose FEE sur l’éolien en prospectif pour 2050, c’est une capacité installée d’éolien terrestre de 60 GW en service, contre 18 aujourd’hui. C’est un rythme correct de développement, en phase avec ce qu’avance la PPE. Sur l’éolien en mer on propose une capacité installée de 50 GW en 2050. Nos calculs sont basés sur les cadences de développement constatés. En production, cela variera en fonction des scénarios retenus.

Comment envisagez-vous ce développement dans un contexte politique qui semble plutôt défiant à l’égard de la filière ?

Aujourd’hui on a des politiques publiques de développement qui sont de plus en plus perméables aux discours d’opposition aux EnR. Encore une fois, les chiffres de perception de l’éolien pour la population sont très bons. On constate malgré tout beaucoup d’idéologie concernant les prises de positions de politiques opposés à l’éolien. Ce serait un défi de demander à ces mêmes personnes quelle sera la croissance de l’électricité à horizon 30 ans, ce qui est prévu aujourd’hui dans les orientations énergie/climat pour y faire face, et comment on peut procéder sans EnR ou sans éolien. Car la filière nucléaire aura dans tous les cas une capacité limitée. L’idéologie c’est de ne pas aller au bout du raisonnement et de ne pas être force de proposition dans les choix stratégiques. C’est plus simple d’opposer les filières plutôt que d’assumer et de dire qu’on va avoir besoin de toutes les énergies. La conclusion de RTE est formelle à ce sujet, on ne pourra pas atteindre la neutralité carbone sans les renouvelables. 

éolien offshore



Autre écueil concernant l’éolien, celui de l’intermittence et de l’aspect non pilotable de cette énergie, quelle est votre position à ce sujet ?

Tout d’abord, intermittence est un abus de langage dans ce cas précis. Car l’éolien ne s’arrête pas et ne redémarre pas de manière instantanée. C’est une énergie variable et prédictible plusieurs jours à l’avance. On sait donc quelle sera à peu près la production de l’éolien sur le territoire sur le système électrique. Ensuite, ce qu’on entend le plus souvent c’est : “Comment fait-on quand il n’y a pas de vent ?” C’est là tout l’enjeu du fonctionnement d’un système électrique : on n’a jamais proposé un mix électrique 100% éolien. La variabilité serait une question importante si le mix national était uniquement composé d’éolien. Par ailleurs, le système est interconnecté avec d’autres pays, on peut donc avoir beaucoup d’éolien dans le Nord de l’Europe, et beaucoup de solaire dans le sud par exemple. Dans ce cas on va donc privilégier ce qu’on appelle la flexibilité électrique, c’est-à-dire la capacité de moduler la production et de s’adapter aux conditions en temps réel.

Mais cette interconnexion entre pays nous fait parfois acheter notre électricité à l’Allemagne, qui produit elle une électricité carbonée ?

Il existe des échanges dans les 2 sens, tout dépend des conditions de marché et de la consommation. Il est vrai que l’Allemagne utilise du charbon. Mais il faut savoir que si la production d’EnR est importante, ce sont les Enr qui ont la priorité dans l’injection par rapport aux autres énergies, car elles ont un coût marginal nul de production. La priorité est donc donnée aux EnR dans cette interconnexion. Concernant l’éolien, le ministère de la Transition Écologique a calculé qu’1kw d’EnR produit venait à 80% du temps se substituer à 1kw d’énergie fossile. On vient donc neutraliser en France et en Europe la production fossile. En Allemagne par exemple, quand les Enr sont à un niveau élevé, on a moins de charbon dans le mix. 

On atteint des taux de recyclage des éoliennes jusqu’à 95% ou 98% : il n’y a pas d’équivalent dans les autres filières d’énergie.



Qu’en est il du stockage ?

On n’aura pas forcément besoin de stocker dans les 10 à 15 prochaines années, mais plutôt à horizon 25 ou 30 ans.  Aujourd’hui ce n’est pas un sujet mature et facile à appréhender techniquement. 95% du stockage aujourd’hui ce sont les STEP (Stations de Transfert d’Energie par Pompage). Mais ce n’est pas l’axe de développement pour le futur. Un des axes de développement est celui des flottes de véhicules électriques. On va assister dans les prochaines années à un remplacement des véhicules thermiques, et chaque véhicule électrique constitue un moyen de stockage.

Mais dans ce cas on est sur une utilisation de l’énergie, pas vraiment sur du stockage ? 

En fait, ce sont les deux. Vous avez une consommation d’électricité quand votre véhicule roule, mais quand le véhicule ne roule pas, il est connecté au réseau pour recharger la batterie. Et quand des milliers de véhicules se rechargent en même temps sur le réseau, vous allez absorber la production électrique. C’est donc considéré comme un moyen de stockage même si cela ne prend pas la forme d’une batterie géante de la taille d’un conteneur par exemple.

La croissance de la demande en électricité et le développement des usages répondront mécaniquement à cette question du besoin de stockage ?

Oui, ce sera un moyen privilégié pour stocker l’électricité. La modulation de la production et de la consommation seront des réponses. La flexibilité et les smart grid sont également des clés. L’enjeu de la transition d’un point de vue électricité, c’est d’être flexible pour la production et la consommation, sans avoir à développer des moyens extrêmement importants de stockage.

Pourriez vous nous faire un petit état de la filière éolienne terrestre en France ?

On dénombre 20 200 emplois directs et indirects dans la filière à fin 2019, avec une croissance annuelle à quasi 2 chiffres depuis plusieurs années. L’éolien crée 3 à 4 emplois par jour. Côté implantations, on assiste à un ralentissement depuis 2/3 ans, dû à un défaut structurel de traitement de la part des services de l’État qui délivrent les autorisations. Les projets sont restés en attente ce qui a entraîné ce retard. On était à 1,7GW installés en 2017 et à 1,1GW en 2020. La trajectoire PPE pour le terrestre annonce elle 1,9GW / an. On a malgré tout bon espoir de rattraper ce décrochage. Pour cela il faut une délivrance régulière des autorisations. On a pu constater un engorgement au niveau des services de l’Etat, et un manque de ressources pour traiter les projets EnR dans leur ensemble, pas seulement l’éolien. 

Un manque de volonté politique sur ces sujets ?

Il y a une rationalisation dans les dépenses de l’État depuis plusieurs années. Le ministère de la Transition Écologique a malheureusement subi des coupes budgétaires. On en paye les conséquences. Peut être qu’un redéploiement des ressources globales de l’Etat vers des administrations qui travaillent sur ces sujets de transition énergétique, serait une bonne chose pour le climat. Cela permettrait certainement une organisation optimisée des moyens et des ressources. De plus en plus de projets EnR voient le jour, et en parallèle les effectifs des services publics au mieux restent stables. Ça crée nécessairement des retards.

L’éolien est devenu un objet politique et un marronnier dans le traitement médiatique



Où en est-on du développement de l’éolien offshore en France ?

On est entrés en phase de construction des 4 projets liés à l’appel d’offres de 2012. C’est donc une très bonne nouvelle. Le parc de Saint Nazaire verra le jour fin 2022, et les 2GW de cet appel d’offres seront en service fin 2023. Sur les projets du 2ème appel d’offres, on a noté des retards mais ils seront mis en service à horizon 2025, avec 1 GW supplémentaire. Et concernant le 3ème appel d’offre, la date annoncée de mise en service est 2027. En parallèle, les attributions des nouveaux appels d’offres sont en cours. L’attribution pour le projet de Normandie devrait intervenir avant l’élection présidentielle. Le projet Bretagne sera lui attribué fin 2022, et le projet concernant la Méditerranée début 2023. Un débat public se tiendra prochainement concernant le projet Oléron. Enfin, on est dans l’attente des contours de l’appel d’offre numéro 8 de la part de l’État. Globalement, l’objectif du législateur est d’attribuer 1GW/an d’ici 2024. Avec une accélération à prévoir en fonction du scénario RTE 2050 retenu (NDLR : fourchette large de 22 à 62 GW).

Quels sont les atouts de l’éolien en mer ?

L’éolien en mer possède un facteur de charge élevé par rapport aux autres EnR, c’est-à-dire sa capacité de production maximum dans le temps. C’est le double de l’éolien terrestre, et on se rapproche du nucléaire. L’éolien en mer se situe à 45%, ce qui signifie que l’éolienne en mer produirait à son maximum 45% du temps. Ce qui est différent que de dire “qui fonctionne 45% du temps”. L’éolien en mer produit 85 à 90% du temps, mais sur une année l’éolienne va produire 45% du temps à 100% de sa capacité nominale de puissance installée (NDLR : le nucléaire a un facteur de charge de 75%, l’éolien terrestre 25% et le photovoltaïque 15%). 

Comment se situe la France sur l’éolien par rapport à ses voisins ?

Nous sommes quasiment les derniers sur l’éolien offshore en Europe avec une seule éolienne en service à date. Malgré cela, on se classe au 4ème rang en Europe sur le terrestre + offshore. La volonté politique est présente pour rattraper ce retard, avec de nombreuses réformes importantes du cadre législatif ces dernières années. L’idée est vraiment d’accélérer le déploiement de l’éolien en mer. C’est dans cette optique que le cadre législatif est sécurisé et optimisé pour rendre la période de rodage qu’on vit actuellement la plus courte possible. La France est le premier potentiel de l’UE sur l’offshore et le 2eme au niveau européen après le Royaume Uni.

Pour aller plus loin :