Les chefs d’entreprises veulent de plus en plus peser de tout leur poids dans le grand jeu mondial de la lutte contre le réchauffement climatique. Ils savent également l’attractivité que peut représenter une démarche entrepreneuriale responsable, à l’échelle d’un territoire, d’un bassin d’emploi, et à celle de leur propre entreprise.

Ils sont ainsi de plus en plus nombreux à s’organiser en réseaux pour démultiplier leurs actions, expérimenter et innover, échanger leurs expériences, optimiser leurs investissements dans des démarches à impact social et environnemental positif. À l’image du Réseau Alliances, entrepreneurs de croissance responsable dans les Hauts-de-France, qui fédère depuis 1993 les acteurs économiques du Nord pour améliorer leur impact social et environnemental. Il compte aujourd’hui plus de 350 adhérents, de la TPE au grand groupe, et organise notamment chaque année le Forum mondial de l’économie responsable.

C’est aussi le cas, à Lyon, de Mix-R qui se présente comme un Agitateur pour entreprises responsables. Fondé en 2018 par des dirigeants d’entreprises lyonnais, Mix-R regroupe aujourd’hui une soixantaine d’entreprises de la région Auvergne-Rhône-Alpes. De toutes tailles et tous secteurs d’activités, ces entreprises se sont engagées à progresser dans leur démarche RSE ou à accroître leur impact positif sur la société et l’environnement.


Depuis 10 ans, les Dirigeants Responsables de l’Ouest se fédèrent autour d’un territoire commun

Dans l’Ouest, DRO est né en 2010 de la volonté de trois chefs d’entreprises : Yann Rolland, Président de Cetih, Hubert de Boisredon, PDG d’Armor et Christian Lafarge, Directeur du Développement Durable de Rémy Cointreau. Leur ambition était de créer une dynamique collective autour d’un engagement territorial responsable, centré sur la défense du vivant et des ressources naturelles locales.

Avec 137 entreprises adhérentes en Pays-de-la-Loire, dont 87% en Loire-Atlantique, et une ouverture au-delà avec DRO Bretagne et Maine-et-Loire, le réseau approche aujourd’hui des 80 000 emplois. Une force de frappe conséquente quand il s’agit de créer une dynamique responsable et efficace sur le territoire !

Pour mener leur démarche collective à bien, les DRO se sont emparé des résultats de l’étude menée par le cabinet Carbone4 qui publiait en juin 2019 « Faire sa part ? Pouvoir et responsabilité des individus, de l’Etat et des entreprises face à l’urgence climatique ». L’objectif était de déterminer l’impact sur la baisse des émissions de GES (gaz à effet de serre) des « petits gestes du quotidien » versus ceux des entreprises et de l’Etat. Un rapport qui souligne qu’au moins 60% de la baisse des émissions de GES relèvent d’une impulsion politique et collective. En juin 2019 les DRO ont lancé onze chantiers avec pour enjeu de diviser par deux leurs émissions de GES d’ici 2030, tout en intégrant une forte dimension sociale.


Réinventer le travail en capitalisant sur le réseau

Les chantiers lancés par les DRO ont un spectre d’action très large : renaturation, mobilité, transition alimentaire, réduction du plastique, transition énergétique, logistique, etc.

Pour la question des mobilités, par exemple, le réseau explore une voie – le travail rapproché – qui irait au-delà de la question télétravail vs présentiel. Cette notion de travail rapproché permet aux collaborateurs d’une entreprise de travailler dans d’autres entreprises plus proches de leur domicile, tout en bénéficiant d’une organisation et d’un environnement professionnel adéquats. Le tout grâce à une application mobile qui doit permettre de géolocaliser les postes de travail disponibles en temps réel.

Entre autres, les entreprises adhérentes de ce réseau réfléchissent également à mutualiser leurs achats sur certains domaines, par exemple pour l’installation d’ombrières photovoltaïques sur des parkings d’entreprises. Le réseau a aussi noué un partenariat avec EDF pour accélérer la transition vers une mobilité verte.


L’économie responsable se fédère autour du Mouves

À l’échelle locale, des initiatives comme celle des DRO, de Mix-R ou du réseau Alliances permettent de faire bouger les lignes sur des territoires et auprès des collectivités. Une logique qu’on retrouve également à l’échelle nationale avec la création d’organisations qui souhaitent peser dans le débat public et proposer une alternative à l’omniprésence du Medef.

C’est notamment ce que propose le Mouves (Mouvement des entrepreneurs sociaux) qui regroupe les acteurs du monde de l’économie sociale et solidaire ainsi que les jeunes entreprises et startups à impact du mouvement Tech for Good France. Une organisation portée par deux entrepreneurs “symboles” de cette nouvelle génération d’entreprises à impact : Eva Sadoun, de Lita.co et Jean Moreau de Phénix.

Cette concentration des entreprises françaises en réseaux d’action, que ce soit à l’échelle locale ou nationale, est une preuve, s’il en fallait, que le monde de l’entreprise est consciente des enjeux climatiques et s’organise pour y faire face.