Bien Elevées est une startup parisienne fondée en 2018 par quatre sœurs : Amélia, Philippine, Bérangère et Louise. Soucieuses de retrouver le plaisir de la terre et l’architecture parisienne, elles ont créé la « maison d’agriculture urbaine » Bien Elevées.

Ce projet compte aujourd’hui cinq safranières réparties sur les toits parisiens dont le plus symbolique se trouve dans le patio de l’Institut du Monde Arabe. Pour compléter son modèle économique, l’entreprise propose également des ateliers visites pendant les récoltes pour sensibiliser à la beauté et à la fragilité de cette épice très convoitée.


Le safran, l’épice la plus chère du monde

Particulièrement apprécié des chefs cuisiniers, le safran offre une expérience culinaire hors du commun. Sa valeur s’explique notamment par la complexité de sa récolte qui se fait uniquement à la main. C’est l’épice la plus prisée et la plus chère au monde (on compte 150 à 180 fleurs récoltées pour produire 1g de safran).

Aujourd’hui, 95% du safran est produit au Moyen-Orient, en Iran et en Irak. Mais le climat parisien semble tout aussi adéquat à la culture de cette plante. Les safranières de Bien Élevées voient ainsi le jour sur des toits d’établissements parisiens, comme celui d’un Monoprix dans le 13ème arrondissement, qui accueille 35 000 bulbes sur une surface de 700m². Outre l’Institut du Monde Arabe, l’entreprise exploite deux autres sites, sur le toit d’un lycée ainsi qu’une ferme pédagogique à Montrouge.

La commercialisation du safran s’effectue ensuite en vente directe sur internet ou en circuit-court dans les commerces de détails et en vrac. Outre la commercialisation responsable, l’ancrage local est aussi important pour les fondatrices de la marque qui multiplient les projets avec des municipalités, des établissements scolaires, des ESAT et des associations.


La France, une ancienne place forte de la culture du safran

Lauréate de la 2ème promotion des Parisculteur en 2018 ainsi que du prix de l’agriculture urbaine de Paris en 2020 dans la catégorie « réplicable », la jeune entreprise commence à s’imposer sur un marché de niche, avec pourtant une concurrence qui se met en marche. La culture du safran se démocratise en effet sur le territoire français, en particulier dans le Loiret, le Lot et la Creuse.

Le prix élevé du safran séduit notamment des néo-ruraux et de jeunes exploitants qui y voient les promesses d’un marché rentable, même si la culture est difficile, surtout à grande échelle. Pourtant, la France a longtemps été une place mondiale de la culture du safran, jusqu’au 18ème siècle. C’est notamment vers Pithiviers que la production était importante. Des hivers rigoureux ainsi que l’arrivée des colorants de synthèse, associés à un manque de main d’œuvre lié à l’exode des ruraux vers les villes ont petit à petit mit fin à cette production française.

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