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MyTroc, une plateforme d’échange pour réduire le gaspillage en entreprise- 4 minutes de lecture

MyTroc est une jeune start up de l’économie sociale et solidaire qui démocratise l’échange de biens et de services grâce à sa plateforme en ligne. Elle se dote désormais d’une offre B2B pour réduire le gaspillage en entreprise.


MyTroc.fr est une plateforme d’échange de biens et de services fondée en novembre 2015 par Floriane Addad et Tiphaine Bezard. L’entreprise est agrée ESUS et labellisée Greentech Verte par le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire. Elle vise à promouvoir la consommation responsable afin de répondre à la fois à une problématique environnementale – le gaspillage – et à une problématique sociale, le pouvoir d’achat.

MyTroc permet en effet aux particuliers de s’échanger en toute simplicité des biens et des services, qu’il s’agisse de produits alimentaires comme les légumes du jardins ou de produits de consommation comme les vêtements. Avec déjà plus de 125 000 utilisateurs, la jeune entreprise propose également une solution aux entreprises afin de favoriser l’anti-gaspillage chez les professionnels. Une solution actuellement testée avec succès au sein, par exemple, de la SNCF.

mur avec graffiti MyTroc


Le troc pour optimiser la gestion des stocks

Depuis le début de l’année 2018, MyTroc.fr propose une solution accessible en marque blanche pour les entreprises et PME. Prenant la forme d’une boutique eco-responsable, elle permet au personnel d’une société de s’échanger du matériel ou des compétences entre services. Quand une Business Unit se sépare d’ordinateurs, il n’est pas rare qu’une autre entité puisse en rechercher en parallèle. Au lieu de jeter et de racheter, MyTroc permet ainsi de faire circuler ses biens à l’intérieur de la société.

Cette solution est par exemple testée par la SNCF ou 12 000 salariés inscrits ont permis de réaliser 300 000 euros d’économies. Elle est aussi adoptée dans le domaine public par des administrations et collectivités locales. Ainsi, la région Bourgogne France-Compté utilise MyTroc pour s’échanger des biens entre administrations. Mais la plateforme sert aussi pour de l’échange de compétences. Enfin, pour les petites entreprises qui n’ont pas la possibilité de souscrire à une plateforme en marque blanche, MyTroc propose tout de même une communauté d’échanges privés sur son site qui permet de réaliser des échanges en toute sécurité.

Le concept est ludique, mais il est surtout pleinement au centre des principes de l’économie circulaire. Il favorise la recirculation et la valorisation des produits, tout en réduisant le gaspillage. Outre l’aspect financier – des économies réelles sont possibles – cette démarche peut également s’inscrire dans la politique RSE d’une entreprise.

équipe MyTroc
Floriane Addad, Tiphaine Bezard et leur CTO Judicaël Decriem


Une application mobile et une levée de fonds en préparation

Les deux fondatrices de MyTroc ont imaginé ce service au moment de la COP21 afin de proposer aux particuliers une alternative qui pourrait à la fois éviter la surconsommation, créer du lien social et répondre à l’enjeu climatique. Un succès puisqu’elles revendiquent aujourd’hui près de 125 000 utilisateurs, dont 200 à 300 nouveaux inscrits chaque jour.

Grâce à une monnaie virtuelle (non-spéculative) – la noisette – MyTroc récompense ses utilisateurs pour leurs actes d’échanges. Chaque transaction est récompensée par des noisettes. Ces noisettes peuvent ensuite être réinvesties sur le site. Et notamment pour découvrir les produits d’une trentaine de marques responsables partenaires. À l’image par exemple des oeufs Poulehouse.

La jeune entreprise devrait lancer d’ici fin septembre / début octobre son application mobile. Elle est également en phase de levée de fonds afin d’accélérer son développement. Les deux fondatrices recherchent 300K€ et visent, d’ici la fin de l’année à accroître le nombre de professionnels inscrits sur la plateforme.

Une jolie initiative pour la start up qui rejoint les entreprises françaises engagées contre les gaspillages, et qui prouve que les systèmes alternatifs comme l’échange et le don ne sont pas uniquement des utopies. Ce pourrait en fait être la preuve que, lorsqu’ils sont bien pensé, ces modèles fonctionnent.


Lire aussi : Le don d’objets entre particuliers, solution au gaspillage ?


Guillaume Joly. @guitjoly

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