la start-up urban canopee souhaite réduire les ilots de chaleur urbains
Smart City

Végétaliser les villes grâce aux canopées urbaines

Le phénomène d’ilots de chaleur urbains est néfaste pour l’homme et la biodiversité. La start-up Urban canopée développe des solutions pour y remédier.



Depuis les années 1950, la densification des habitats en ville a considérablement augmenté.

Tout comme la création de voies asphaltées pour permettre la circulation des voitures. Les espaces verts ont diminué. Les friches urbaines ont été bétonnées. Des immeubles de plus en plus haut ont émergé.

Le tout faisant ressembler nos villes à des sortes de canyons dont les rivières seraient faites de goudron.

Et d’années en années, l’exode des populations rurales vers les villes n’a jamais faibli. Au contraire.


La densification urbaine a facilité la création d’ilots de chaleur urbains

En France par exemple, l’espace urbain progresse de 19% tous les dix ans.
Et d’ici 2050, on estime que 70% à 75% de la population mondiale résidera en milieu urbain.

Pourtant les conséquences de ce développement urbain au détriment des espaces verts sont multiples et néfastes.

La pollution de l’air y est de plus en plus forte. La perte de la biodiversité ne cesse de croitre (saviez-vous que 3/4 des moineaux ont disparu de Paris en 13 ans ?).

Et désormais, nous nous rendons compte que cela augmente également les risques liés au climat. Les espaces urbains sont moins résiliants face aux inondations.

Par ailleurs, désormais que les épisodes de canicules s’accentuent, cela entraine d’impressionnants phénomènes d’ilots de chaleur urbains.

Ainsi, en ville, les températures la nuit peuvent être jusqu’à 10 °C plus élevées qu’en campagne. 

D’ici 2050, 75% de la population mondiale vivra en milieu urbain


Comment réduire les ilots de chaleur urbains ? 

L’expression « îlot de chaleur urbain » (ICU) a fait son apparition vers le milieu du XXe siècle. Le terme fait référence à un phénomène d’élévation des températures en milieu urbain par rapport aux zones rurales voisines.

Un temps considéré comme bénéfique dans les villes faisant face à des hivers rigoureux, le réchauffement climatique et les épisodes de canicules répétées ont eu raison de cette considération.

Car les ilots de chaleur urbains sont nocifs. Ils sont nocifs pour la biodiversité, pour le bien être des citadins, pour la qualité de l’air.

Ainsi, du Japon aux Etats-Unis en passant par l’Europe, partout, les grandes métropoles cherchent désormais à réduire ce phénomène. 

A Lyon comme dans de nombreuses villes japonaises, la tendance est par exemple à l’arrosage du bitume pour le rafraichir.

A New-york le « white roof project » dans Brooklyn est aussi efficace et surprenant. Il a consisté à repeindre les toits des immeubles de ce quartier new-yorkais en blanc – pour augmenter son pouvoir réfléchissant de la lumière. Cette « astuce » a permis de faire baisser la température à l’intérieur des immeubles de presque 20°C.

Mais la principale tendance – et sans doute la plus durable – est la végétalisation des villes.

En effet, les espaces verts ont un rôle de climatiseur naturel. D’abord, ils apportent de l’ombre aux citadins. Mais ils permettent aussi de rafraichir l’atmosphère par évaporation de l’eau que les végétaux puisent dans le sol.

Quand on sait que l’investissement en création et entretiens d’espaces verts représente en moyenne 1,2% du budget des 50 plus grandes villes françaises, on se dit qu’il existe un réel potentiel pour améliorer cet aspect là.

la start-up urban canopee souhaite réduire les ilots de chaleur urbains
Trois structures mesurant cinq à six mètres de hauteur vont prochainement être installées à Toulouse – photo : Urban Canopee


Urban Canopée, la start-up qui veut développer canopées végétales en ville

C’est pour répondre à ce défi qu’est née la start-up Urban Canopee.

Cette jeune entreprise propose des solutions pour lutter contre le changement climatique par le développement de canopées végétales au-dessus de la ville. 

Il s’agit de structures faites en fibre de verre, un matériau aussi résistant que l’acier, mais quatre fois plus léger, associée à un pot « connecté ». Ce pot contient un substrat spécifique ainsi qu’une réserve d’eau. Il est associé à des capteurs connectés qui permettent une irrigation automatisée.

Au-delà de la réduction des ilots de chaleur ; de l’aspect esthétique et moderne ainsi que du bénéfice pour la biodiversité, ces structures végétalisées réduisent aussi les risques d’inondation.

Elles retiennent l’eau de pluie et l’évacuent par évapotranspiration. Elles assurent également un meilleur drainage des eaux pluviales et une réduction du ruissellement.

Trois structures mesurant cinq à six mètres de hauteur vont prochainement être installées à Toulouse afin de valider le modèle. Plusieurs types de plantes indigènes et non-allergène ont été sélectionnées avec l’aide des élèves agronomes d’une école d’ingénieur  : clématites, hortensias, vigne vierge, rosiers…

Ces canopées végétales qui peuvent être installées partout en ville – les structures sont modulaires – doivent ainsi permettre aux villes d’être plus résiliantes face au changement climatique.