vue d'artiste d'un Hyperloop
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C’est quoi l’Hyperloop ?- 5 minutes de lecture

C’est quoi l’Hyperloop ? Définition et état des lieux pour tout comprendre à ce projet de train futuriste imaginé par Elon Musk et porté aujourd’hui par 3 grandes entreprises à travers le monde.



La définition en quelques mots

Le concept d’Hyperloop est un projet de transport novateur ressemblant à un train capable d’atteindre la vitesse de 1 200 Km/h grâce à une propulsion sur coussins d’air aimantés dans des tubes sous vide. C’est en 2013 qu’Elon Musk – le fondateur de Tesla et Space X – décrit ce concept. Il le présente comme un 5ème mode de transport après la voiture, l’avion, le bateau et le train. Il en publie une description basique dans un livre blanc de 57 pages dont le but est d’inviter une communauté à s’emparer du sujet et le développer.

image d'un tube pour Hyperloop
C’est dans des tubes de ce type que circuleront les futurs Hyperloop

Et pour aller plus loin

Alors, c’est quoi l’Hyperloop selon Elon Musk ? Eh bien, concrètement, cela consiste à faire circuler dans un tube (presque) sous vide des capsules (sorte de wagon) en les propulsant sur un coussin d’air grâce à des aimants. Cela fonctionne un peu à l’image des tables de “air hockey”.

Dans sa définition, la capsule est ainsi propulsée en lévitation dans le tube sans se voir opposer de résistance ou de frictions. Et ce faisant, elle peut atteindre une vitesse beaucoup plus importante que les trains à grande vitesse. Sur le papier, c’est donc assez simple et ça ressemble à une version géante des tubes pneumatiques qui servaient à envoyer des télégrammes au 19è siècle.

D’après le fondateur de SpaceX et Tesla, ce processus permettrait à l’Hyperloop d’atteindre la vitesse de 1 200 Km/h et de relier par exemple les villes de Paris et Marseille en une quarantaine de minutes. Fidèle à une philosophie très “Silicon Valley” Elon Musk décide à l’époque de laisser le projet en Open-Source. C’est à dire qu’il n’en dépose pas le brevet et laisse n’importe qui de volontaire (ayant le financement, bien sûr) s’emparer du concept et tenter de mettre sur pied ce train du futur.

À la suite de cette publication, de nombreux acteurs se sont donc lancés afin de donner vie à ce projet futuriste. A l’inverse des technologies du Web, l’Hyperloop se rapproche davantage des fusées et des voitures volantes censées faire entrer l’humain dans une nouvelle ère. Cette idée, ainsi que la possibilité de réduire considérablement les temps de trajets séduit bon nombre d’investisseurs et de scientifiques.

Lire aussi : Aurons-nous des voitures volantes d’ici 5 ans ?

prototype de capsule d'Hyperloop
Prototype de capsule d’Hyperloop proposé par la société HTT. Ces capsules sont conçues pour atteindre la vitesse de 1 200 km/h.


Investisseurs et prototypes fleurissent dans le monde entier

La société la plus connue ayant décidé de bâtir son Hyperloop est sans doute Hyperloop One (qui compte par exemple la SNCF dans ses investisseurs) dont le président est le milliardaire américain, et patron de Virgin, Richard Branson. Après avoir monté une piste de tests de vitesse aux Etats-Unis dans le Nevada, Hyperloop One (rebaptisée Virgin Hyperloop One en 2017) travaille actuellement sur deux projets : Une ligne qui doit relier Dubai à Abu Dhabi en 12 minutes et une autre ligne, en Inde, permettant de relier les villes de Pune et Bombay.

D’autres entreprises se sont positionnées sur le sujet, dont principalement :

  • Hyperloop Transportation TechnologiesUne société Américaine ayant notamment conclu un accord avec la Slovaquie pour mettre en place d’ici 2020 deux Hyperloop capables de faire Bratislava-Vienne en huit minutes et Bratislava-Budapest en une dizaine de minutes. A noter que HTT a notamment ouvert un centre de R&D en France, à Toulouse, afin de se rapprocher d’Airbus et de profiter de l’excellence de la région en terme d’aéronautique et de technologies.
  • Transpod : Transpod est une société canadienne créée en 2015 afin de participer à un concours sur l’Hyperloop organisé par Elon Musk. Elle est dirigée par un français, Sébastien Gendron. Cet ancien ingénieur d’Airbus et son équipe envisagent grâce à leur projet d’Hyperloop de relier les villes de Toronto et Montréal en une demi-heure. Cette entreprise est aussi installée en France. Elle a récemment lancée la construction d’une piste d’essai près de Limoges. Elle travaille depuis quelques mois sur un projet de ligne Hyperloop en Thaïlande.
  • Enfin, SpaceX :  la société d’Elon Musk s’investit également dans le projet via la conception d’un prototype et l’organisation annuelle d’un concours (Hyperloop Pod Competition) réunissant des équipes venant des plus prestigieuses universités du monde afin de leur permettre de faire vivre et évoluer le concept.
Les majors de l'Hyperloop s'installent en France
Vue d’artiste d’une piste d’Hyperloop – photo : Transpod


Où en est l’Hyperloop aujourd’hui ?

Pour l’heure, les projets annoncés par les 3 sociétés phares de l’Hyperloop sont encore à l’état de prototypes. En décembre 2017, Virgin Hyperloop One à propulsé avec réussite un module d’essai à 387 Km/h. Mais pour rappel, le record de vitesse sur rail établi par un TGV est de 574,8 Km/h. On est donc encore loin de la vitesse supersonique envisagée au départ. Lors d’un concours organisé par Space X l’année dernière, l’équipe Allemande de l’Université Technique de Munich s’est illustrée avec un nouveau record de vitesse en portant son pod jusqu’à 457 km/h.

Cependant, ces capsules d’essais ne sont pas habitables et servent pour le moment à valider des hypothèses techniques. Quant à la société américaine HTT (Hyperloop Transportation Technologies), elle a réalisé un premier “kilomètre test” en septembre 2018 sur sa piste d’essai à Toulouse. L’entreprise a aussi sorti un prototype de sa capsule récemment. Elle semble plus avancée que ses concurrentes sur cet aspect là. Enfin, l’entreprise Canadienne Transpod espère avoir l’approbation des autorités du pays pour mettre en circulation son Hyperloop entre 2020 et 2025.

D’une manière générale, les principaux acteurs du sujet envisagent de rendre opérationnel leur technologie au plus tôt d’ici 2020. Cependant, personne ne serait étonné que cette deadline ne soit pas atteinte. Il existe aujourd’hui de multiples contraintes qui ne sont pas encore levées (en matière d’infrastructures et de sécurité notamment) et qui ne le seront certainement pas avant encore quelques années.


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